Le Soudan entre dans la période de soudure avec près de 19,5 millions de personnes confrontées à une insécurité alimentaire aiguë, soit environ 41 % de la population du pays. Près de 135 000 personnes se trouvent déjà en situation de Catastrophe. Les organismes de surveillance de la sécurité alimentaire avertissent que la période de juin à septembre approfondira encore la crise, selon la dernière analyse IPC. (https://www.ipcinfo.org/ipc-country-analysis/details-map/en/c/1163315/?utm_source=chatgpt.com)
Ces chiffres décrivent la faim. Ils décrivent aussi l’effondrement de l’autorité de l’État.
Les autorités reconnues internationalement, liées aux Forces armées soudanaises (#FAS), continuent de parler le langage de l’État : ministères, commissions, contrôles aux frontières, procédures humanitaires. Mais un État ne se résume pas à un drapeau et à une armée. Il devrait également avoir la capacité de maintenir ouverts les routes et les ports maritimes, de permettre l’acheminement de la nourriture, de protéger les marchés et d’empêcher que des civils ne meurent de faim sur les territoires qu’il prétend gouverner.
Sur ce point précis, les autorités officielles soudanaises échouent. Le conflit, les déplacements de population et l’accès humanitaire restreint constituent les principaux moteurs de la crise alimentaire, selon le PAM, la FAO et l’UNICEF. Plus de 825 000 enfants de moins de cinq ans devraient souffrir de malnutrition aiguë sévère en 2026. (https://www.unicef.org/press-releases/risk-famine-persists-nearly-195-million-people-face-acute-food-insecurity-sudan?utm_source=chatgpt.com) Quatorze zones réparties entre le Darfour du Nord, le Darfour du Sud et le Kordofan du Sud demeurent exposées à un risque de famine, selon le scénario du pire raisonnablement envisagé.
Les #FSR ne peuvent pas davantage être considérées comme de simples spectatrices. Là où elles contrôlent des routes, des points de contrôle ou des territoires, elles portent la même obligation pratique : ne pas entraver l’acheminement de la nourriture, le fonctionnement des marchés ou l’aide humanitaire. La faim ne dépend pas seulement de qui revendique l’autorité de l’État, mais aussi de qui contrôle la circulation des biens et des personnes.
La dernière analyse IPC n’a identifié aucune zone du Soudan se trouvant actuellement en situation de Famine. Cette distinction est importante — et elle ne doit pas devenir un prétexte pour retarder l’action. Près de deux Soudanais sur cinq sont déjà confrontés à une faim aiguë, avant même l’arrivée des mois les plus difficiles de la saison. Si les belligérants ne parviennent pas à maintenir l’acheminement de la nourriture, la faim ne sera plus seulement une conséquence de la guerre. Elle deviendra l’un des instruments par lesquels cette guerre est administrée.

