La République démocratique du Congo (#RDC) a déposé une plainte contre le #Rwanda devant la Cour internationale de justice (CIJ) le 26 juin, accusant Kigali de responsabilité juridique dans les violences perpétrées dans l’est du Congo, en vertu des conventions sur le génocide, la discrimination raciale, la discrimination à l’égard des femmes et la torture. Kinshasa réclame la cessation des exactions alléguées ainsi que des réparations pour les victimes.
Le Rwanda dément soutenir des groupes armés au Congo. Il affirme que ses préoccupations sécuritaires portent sur les Forces démocratiques de libération du Rwanda, ou #FDLR, une milice hutue issue de forces liées au génocide de 1994 contre les Tutsis.
L’affaire se heurte d’emblée à un obstacle structurel. Le Congo a déjà porté le Rwanda devant la CIJ à deux reprises. Une première plainte avait été retirée en 2001 ; une seconde avait été rejetée en 2006 pour défaut de compétence. Avant même d’examiner les exactions sur le fond, la Cour devra d’abord déterminer si elle est compétente pour juger cette affaire.
Le litige juridique interroge également le vocabulaire employé pour décrire la guerre. Le Rwanda présente le #M23 comme une rébellion congolaise. Des experts de l’ONU ont rapporté des éléments indiquant que des troupes rwandaises auraient combattu aux côtés du M23 et dirigé ses opérations — des allégations que Kigali rejette. Le discours du « conflit par procuration » tient politiquement, mais pas sur le plan militaire.
Le conflit comporte aussi un volet central lié aux chaînes d’approvisionnement minier. Les sanctions américaines visant la raffinerie rwandaise Gasabo Gold Refinery l’accusent de collaborer avec des réseaux liés au M23 impliqués dans des flux d’or illicites. Des experts de l’ONU et l’ONG Global Witness ont par ailleurs documenté d’importants volumes de coltan congolais transitant par le Rwanda vers les marchés mondiaux.
Cette guerre s’internationalise aussi par d’autres biais. Le Rwanda est accusé d’avoir déployé des systèmes de défense antiaérienne avancés dans l’est du Congo. Le Congo, de son côté, s’est appuyé sur des contractants étrangers et des aéronefs de conception soviétique pour soutenir sa propre campagne militaire.
Washington et Doha tentent de médier un conflit où s’entremêlent droit international, ressources minières, forces supplétives et armements étrangers. L’affaire portée devant la #CIJ ne mettra pas fin rapidement à la guerre, mais elle pourrait contraindre à affronter ouvertement la question centrale : le #Rwanda est-il un acteur extérieur impliqué dans la médiation, ou une partie directe au conflit ?

