La législature taïwanaise a examiné vendredi des propositions de financement concurrentes pour un programme d’acquisition de drones d’un montant de 210 milliards de dollars taïwanais (6,5 milliards de dollars américains), tandis que de nouvelles données du ministère de la Défense indiquaient que la pression militaire chinoise autour de l’île revenait à son niveau le plus bas depuis l’inauguration du président Lai Ching-te en 2024.
Taïwan a enregistré 12 jours en juin sans aucune incursion d’aéronefs chinois au-delà de la ligne médiane du détroit de Taïwan, selon l’équipe de l’Observatoire de défense Chine-Taïwan de l’Institute for the Study of War (ISW-CDOT). L’Armée populaire de libération (APL) n’a lancé aucun ballon à haute altitude dans la zone d’identification de défense aérienne de Taïwan depuis février, a rapporté l’ISW-CDOT, citant le ministère taïwanais de la Défense. Les sorties mensuelles de l’APL, qui avaient doublé pour dépasser 300 après l’entrée en fonction de Lai, sont revenues à leur niveau de référence antérieur.
L’ISW-CDOT a mis en garde contre toute interprétation de cette évolution comme une désescalade. Les analystes ont estimé qu’elle reflétait plus probablement un ajustement de la stratégie de coercition de Pékin — libérant potentiellement des sorties de l’APL pour d’autres opérations ou pour la maintenance de la flotte — qu’une simple accalmie saisonnière.
Cette diminution de la pression n’a pas résolu le différend budgétaire de Taipei. L’Yuan exécutif du Parti démocratique progressiste au pouvoir a proposé un budget spécial de 210 milliards de dollars taïwanais, couvrant la période d’août 2026 à 2031. L’opposition — le Kuomintang et le Parti du peuple taïwanais — a bloqué l’examen du projet en commission le 26 juin et fait avancer des versions concurrentes dans le cadre du processus budgétaire annuel ordinaire. Toutes les versions ont été soumises à la commission lors de la séance plénière de vendredi.
Cette division maintient le renforcement de la défense drone de Taïwan captif d’un blocage législatif antérieur à l’actuelle accalmie de l’activité de l’APL — et qui pourrait lui survivre.

