1er juillet 2026. Taïwan a donné pour instruction aux navires au large de sa côte est d’ignorer toute demande d’abordage ou d’inspection émanant des garde-côtes chinois, alors que Pékin intensifie sa pression maritime autour de l’île.
Hsieh Ching-chin, directeur général adjoint de l’Administration des garde-côtes taïwanaise, a déclaré devant le Yuan législatif le 1er juillet que les navires devaient notifier les autorités taïwanaises et « ne pas répondre aux soi-disant inspections d’abordage ». En cas de nécessité, a-t-il précisé, des bâtiments des garde-côtes taïwanais s’interposeraient physiquement entre les navires — une intervention directe sur le terrain, et non un simple recours juridique ou diplomatique.
Ces instructions font suite à une activité des garde-côtes chinois à l’est de Taïwan en juin, que Pékin a présentée comme une opération de maintien de l’ordre maritime. Selon les autorités taïwanaises, des navires chinois ont interrogé des bâtiments commerciaux sur leur origine et leur destination, et ont affirmé exercer leur juridiction sur la zone. Aucun abordage effectif n’a été signalé au cours de cette patrouille, selon des sources taïwanaises.
Interposition physique : un patrouilleur de l’Administration des garde-côtes taïwanaise (CGA), désormais chargé, selon la doctrine en vigueur, d’intercepter et de bloquer physiquement toute tentative d’abordage non autorisée émanant des forces chinoises. Source : The Asahi Shimbun / The Asahi Shimbun via Getty Images.
En déployant des navires de garde-côtes plutôt que des bâtiments de guerre, Pékin présente ces opérations comme relevant de l’application civile de la loi, et non d’une action militaire — une distinction qui maintient ces manœuvres en deçà des seuils susceptibles de déclencher une réponse sécuritaire de Taïwan ou de ses partenaires.
L’Administration des garde-côtes taïwanaise a indiqué que la Chine recourait désormais à des navires de garde-côtes et à des bâtiments hydrographiques pour mener des opérations similaires autour des îles Pratas et d’Itu Aba, qualifiant ce phénomène de stratégie « multipoints, multiformes et transrégionale ». Les États-Unis, le Royaume-Uni, la France et l’Allemagne ont exprimé leur préoccupation face à l’activité chinoise au large de la côte est de Taïwan.
Il ne s’agit pas encore d’une escalade militaire. Mais c’est un pas supplémentaire sur l’échelle de l’escalade en zone grise : la Chine passe de la simple présence et des signaux politiques vers un contrôle concret du trafic civil autour de Taïwan. #Taïwan, #Chine, #DétroitDeTaïwan, #SécuritéMaritime, #ZoneGrise, #IndoPacifique, #ConflitPotentiel

