Des combattants liés à la Séléka, dont des éléments associés au Front populaire pour la renaissance de la Centrafrique, se sont emparés de la ville frontalière centrafricaine d’Am Dafok le 30 juin, selon des informations rapportées par la MINUSCA et Darfur24.
L’offensive a débuté aux alentours de l’aube depuis la zone frontalière d’Al-Dahn, selon Darfur24, qui cite des sources locales. Am Dafok est situé dans la préfecture centrafricaine de Vakaga, directement en face d’Um Dafuq, dans l’État soudanais du Darfour du Sud, sur un corridor routier stratégique reliant le nord de la RCA au Soudan.
La MINUSCA, la mission de maintien de la paix des Nations unies, a condamné l’attaque et signalé que des tirs avaient également visé sa base, blessant trois Casques bleus zambiens, dont un grièvement. Le gouvernement centrafricain a fourni un bilan différent, faisant état d’un Casque bleu tué et de quatre blessés — une divergence qui n’a pas encore été tranchée entre les deux sources.
Le vide périphérique : une piste de terre isolée dans le nord de la RCA, illustrant l’immensité des territoires peu surveillés de la préfecture de Vakaga, où des groupes transfrontaliers exploitent l’isolement géographique. Source : iStock.
Un porte-parole de la Coalition des patriotes pour le changement-Fondamentale, Aboubacar Sidick Ali, a affirmé que la coalition avait tué une dizaine de soldats gouvernementaux et maintenu le contrôle de la ville jusqu’en soirée.
Le gouvernement centrafricain a indiqué que ses forces et leurs alliés russes avaient lancé une contre-offensive, accusant les assaillants de pillages, de viols et de meurtres, dont celui d’un responsable local. Il a également allégué que les attaquants avaient reçu une formation d’instructeurs français et de formateurs arabes près de la frontière tchado-soudanaise — une affirmation que Darfur24 a précisé ne pas avoir pu vérifier de manière indépendante.
L’offensive a pris les autorités de Bangui par surprise, suscitant des craintes que les combats ne se propagent au-delà de la Vakaga.
Cet affrontement illustre à quel point les régions frontalières septentrionales de la RCA sont désormais difficiles à dissocier de la guerre au Soudan. Am Dafok se situe au carrefour de l’activité rebelle centrafricaine, des dynamiques conflictuelles soudanaises et des opérations sécuritaires soutenues par la Russie — trois logiques qui s’entremêlent de façon croissante.

