2 juillet 2026.
Des négociations indirectes entre les États-Unis et l’Iran se sont achevées mercredi à Doha, les deux parties livrant des comptes rendus contradictoires quant à la question de savoir si elles étaient parvenues à un accord sur la libération de milliards de dollars d’avoirs iraniens gelés — soulignant ainsi la fragilité du cessez-le-feu établi à la suite des combats du mois dernier.
Doha, Qatar : le lieu diplomatique des négociations de coulisses, aussi secrètes que fragiles. Source : David Dawson Image / Getty Images
Le vice-ministre iranien des Affaires étrangères, Kazem Gharibabadi, a déclaré que les négociateurs s’étaient accordés sur la libération d’une première tranche de 3 milliards de dollars sur les quelque 6 milliards d’avoirs iraniens détenus sur des comptes qatariens. Selon Axios, ces fonds seraient transférés à la banque centrale iranienne pour des achats à des fins humanitaires, incluant certains biens en provenance des États-Unis. Des responsables américains ont rejeté cette version, affirmant qu’aucun accord n’avait été conclu et qu’aucun avoir n’avait été débloqué. Le ministère qatarien des Affaires étrangères s’est gardé de confirmer l’une ou l’autre position, indiquant seulement que les discussions avaient abouti à des « progrès positifs » sur des questions liées au mémorandum d’entente d’Islamabad signé le 17 juin.
Le président Donald Trump a ensuite déclaré aux journalistes que « la dénucléarisation de l’Iran se déroulait bien ». Des responsables familiers des négociations ont cependant précisé que les discussions techniques n’avaient pas abordé le programme nucléaire iranien, se concentrant plutôt sur la sécurité maritime dans le détroit d’Ormuz et le mécanisme proposé pour le déblocage des avoirs gelés. Le vice-président JD Vance a indiqué que les questions nucléaires seraient traitées lors de négociations ultérieures.
Cette rencontre diplomatique a fait suite à l’une des semaines les plus dangereuses depuis l’entrée en vigueur du cessez-le-feu. Entre le 26 et le 28 juin, le Commandement central américain (CENTCOM) a mené des frappes contre des infrastructures iraniennes de surveillance, de communication et de mouillage de mines à proximité du détroit d’Ormuz, indiquant que cette opération répondait aux attaques de drones et de missiles iraniens contre les navires M/V Ever Lovely et M/T Kiku.
Le Corps des gardiens de la révolution islamique (CGRI) a affirmé avoir riposté en lançant des missiles et des drones contre la base aérienne d’Ali Al Salem au Koweït et la Naval Support Activity Bahrain, qui abrite la Cinquième Flotte américaine. Le CGRI a revendiqué la destruction de huit installations. Le CENTCOM a fait état d’aucune victime américaine et indiqué n’avoir constaté aucun dommage significatif sur ses installations. Les déclarations des deux parties sur le terrain n’ont pu être vérifiées de manière indépendante.
Le Koweït et le Bahreïn ont tous deux condamné les frappes sur leur territoire comme des violations de leur souveraineté nationale, soulignant le risque que les affrontements entre Washington et Téhéran entraînent de plus en plus leurs partenaires du Golfe dans un feu croisé direct. Le prochain cycle de contacts indirects n’est pas attendu avant la conclusion des cérémonies funèbres en l’honneur du Guide suprême, l’ayatollah Ali Khamenei. Le ministère qatarien des Affaires étrangères a indiqué que l’inhumation est prévue pour le 9 juillet.
Khamenei a été tué le 28 février lors de frappes conjointes américano-israéliennes qui ont marqué le début de la guerre contre l’Iran en 2026, un conflit distinct de la guerre des Douze Jours de juin 2025. Ses funérailles ont été reportées à plusieurs reprises, les médias d’État iraniens invoquant des préoccupations sécuritaires et logistiques liées à une affluence attendue pouvant atteindre 35 millions de personnes. Iran International a rapporté que ce délai prolongé reflète également les tensions entourant la transition du pouvoir en Iran, bien que les autorités iraniennes n’aient pas publiquement répondu à cette évaluation.
L’Assemblée des experts iranienne a annoncé le 9 mars avoir désigné Mojtaba Khamenei comme nouveau Guide suprême. Iran International a ensuite rapporté que de hauts commandants des Gardiens de la révolution auraient fait pression sur les membres de l’assemblée durant le processus de succession, après avoir contourné certaines étapes de la procédure de sélection traditionnelle. Cette version n’a pas été confirmée de manière indépendante, et les autorités iraniennes n’ont pas commenté publiquement ces allégations.
Dans le même temps, la Chine a annoncé qu’un haut responsable assistera aux cérémonies funèbres à Téhéran, réaffirmant ses relations de longue date avec l’Iran malgré le conflit récent. Des analystes estiment que cette visite traduit la continuité de la politique régionale de Pékin — centrée sur la sécurité énergétique, les investissements en infrastructures et l’engagement diplomatique — plutôt qu’un soutien explicite à la succession de Mojtaba Khamenei ou un virage vers une implication militaire directe.
Pris dans leur ensemble, les développements de la semaine illustrent à quel point la désescalade actuelle demeure étroite et réversible. Le mécanisme proposé pour le déblocage des avoirs iraniens gelés est contesté par les gouvernements-là mêmes qui le négocient, les récents échanges militaires continuent d’être définis par des récits officiels contradictoires, et la diplomatie est désormais suspendue dans l’attente de cérémonies funèbres qui sont elles-mêmes devenues le symbole de l’incertitude entourant la transition politique de l’Iran après Khamenei.

