Les forces ukrainiennes ont frappé, tôt vendredi, l’usine de défense sanctionnée Avitek, à Kirov, à l’aide d’un missile de croisière FP-5 Flamingo, tuant six ouvriers et en blessant 26 autres, selon le Kyiv Independent. Cette installation, qui fait partie du conglomérat Almaz-Anteï, produit des composants de missiles sol-air ainsi que des pièces destinées aux missiles de croisière Kh-101 ; elle est sanctionnée par les États-Unis, l’UE, le Royaume-Uni, le Canada, la Suisse et la Nouvelle-Zélande.
Le président Volodymyr Zelensky a confirmé cette frappe, la qualifiant de « réponse parfaitement juste » contre une usine approvisionnant « l’aviation et les équipements de missiles de l’occupant », selon Ukrainska Pravda.
Parallèlement, des drones ukrainiens ont frappé des centres logistiques de Wildberries à Saint-Pétersbourg et dans l’oblast de Léningrad, ainsi qu’en Crimée annexée, dans la nuit — la sixième attaque de ce type contre l’enseigne ce mois-ci, au 24 juillet, selon Meduza. L’analyste Sergueï Semko, de Data Insight, a estimé les pertes d’une précédente vague de frappes contre les entrepôts de Krasnodar et de Stavropol entre 150 et 230 milliards de roubles (1,9 à 3 milliards de dollars), selon le Kyiv Post.
Zelensky a affirmé que les sites Wildberries fournissaient « des composants de drones, des équipements de navigation et d’autre matériel » aux forces russes, bien qu’aucune source indépendante n’ait confirmé de lien formel avec le ministère de la Défense. Wildberries n’a pas directement contesté cette accusation publiquement. L’entreprise a néanmoins modifié, le 7 juillet, ses conditions générales pour préciser qu’elle ne serait plus tenue responsable des pertes causées par des attaques de drones, des frappes de missiles ou d’autres incidents militaires, selon le Kyiv Post.
Cette campagne à double volet intervient alors que les défenses antiaériennes russes peinent à suivre le rythme. L’expert militaire David Sharp a déclaré à Current Time que les forces russes de défense antiaérienne étaient « trop dispersées » et « tout simplement pas à la hauteur des menaces » auxquelles elles font actuellement face de la part de Kyiv, selon RFE/RL.


