Le Premier ministre grec Kyriakos Mitsotakis a exclu toute guerre avec la Türkiye, tout en insistant sur le fait qu’Athènes continuera d’élargir ses forces armées et ne négociera avec Ankara que depuis une position de force. « En aucune circonstance nous n’envisageons la guerre », a-t-il déclaré, ajoutant que la Grèce « doit continuer à renforcer » ses capacités de dissuasion. Il a affirmé que la Grèce « peut et veut résoudre » son unique différend substantiel avec Ankara : la délimitation des zones maritimes. Ces déclarations ont été faites à l’approche du sommet de l’OTAN prévu les 7 et 8 juillet à Ankara.
Mitsotakis a également déclaré que la Grèce ne demandera « la permission de personne » pour développer ses forces armées — une réponse à la pression turque, et non une concession à celle-ci.
La modernisation militaire est bien réelle. La Marine hellénique a reçu, le 18 décembre 2025, sa première frégate de classe Belharra, le HS Kimon, livré par Naval Group, d’autres bâtiments devant suivre dans le cadre du programme. Athènes a également signé un contrat de 3,76 milliards de dollars en juillet 2024 pour l’acquisition de 20 avions de combat F-35A, avec des livraisons attendues à partir de 2028 et s’étendant jusqu’en 2033. La Grèce ne cherche pas à rivaliser système par système avec la Türkiye ; elle s’emploie à élever le coût de toute remise en cause de ses positions en mer Égée et en Méditerranée orientale.
La Grèce et la Türkiye, toutes deux membres de l’OTAN, restent divisées sur les frontières maritimes, l’espace aérien, Chypre, les droits de forage et les revendications de souveraineté. Reuters a rapporté, à l’issue des discussions d’Ankara de février 2026, que les deux parties souhaitaient maintenir le dialogue ouvert, mais que les différends fondamentaux persistaient. Athènes limite la négociation à la seule délimitation des zones maritimes — une position que Mitsotakis a réaffirmée en juin.
Le sommet d’Ankara place le président turc Recep Tayyip Erdoğan au centre de la diplomatie de l’Alliance, tandis que l’un des plus anciens différends internes à l’OTAN demeure non résolu. Le risque de guerre immédiat est faible. La rivalité, elle, ne l’est pas.

