1er juillet 2026.
Les services spéciaux polonais se préparent à d’éventuelles actions de sabotage russes visant à attiser les tensions entre Polonais et Ukrainiens, a déclaré Tomasz Siemoniak, le ministre coordinateur des services spéciaux, sur la radio RMF FM, le 1er juillet. « Le rêve de la Russie… était et reste d’entretenir le maximum de tensions possible entre la Pologne et l’Ukraine », a-t-il affirmé.
Photo : M. Tomasz Siemoniak
Cet avertissement intervient après que le président Karol Nawrocki a retiré au président Volodymyr Zelensky la plus haute distinction honorifique de l’État polonais, en raison du nom donné à une unité de l’armée ukrainienne, baptisée d’après des insurgés de la période de guerre accusés de massacres de Polonais. Siemoniak a indiqué que l’activité de bots et de trolls liés à la Russie s’était intensifiée ces dernières semaines, amplifiant ce différend sur les réseaux sociaux.
L’Agence de sécurité intérieure polonaise a par ailleurs déclaré avoir mis au jour un mécanisme utilisant des réfugiés ukrainiens pour des actions « initiées et financées par la Russie », visant à fragiliser les relations entre les Ukrainiens résidant en Pologne et Kyiv. Neuf ressortissants ukrainiens et deux Biélorusses ont récemment été détenus et expulsés, après avoir été accusés d’avoir recruté des Ukrainiens pour participer à titre onéreux à des manifestations, selon les services polonais.
Siemoniak a précisé que des individus liés à la Russie avaient manifesté de l’intérêt pour des installations liées à la coopération polono-ukrainienne, notamment des sites connectés à l’acheminement de l’aide militaire, tout en soulignant qu’aucun projet spécifique n’était imminent.
Cet avertissement révèle un objectif russe plus large : éroder les liens sociaux et logistiques entre Varsovie et Kyiv, sans frapper directement le territoire de l’OTAN. Pour Moscou, la Pologne n’est pas seulement le voisin de l’Ukraine. Elle fait partie de la zone arrière de la guerre.

