Des responsables américains craignent que la Russie et la Chine ne tiennent compte, dans leurs décisions concernant l’Ukraine, l’Europe et Taïwan, de l’épuisement des stocks américains d’intercepteurs de missiles, après que la guerre contre l’Iran a consommé une part importante des munitions critiques de défense aérienne, a rapporté le New York Times dimanche. Il s’agit là d’une évaluation du risque stratégique, et non d’une preuve que l’un ou l’autre dirigeant aurait décidé d’agir.
Les stocks du Pentagone sont classifiés, mais le CSIS a estimé que quatre systèmes — PrSM, SM-3, THAAD et Patriot — pourraient avoir consommé plus de la moitié de leurs stocks d’avant-guerre au cours des 39 premiers jours de la guerre contre l’Iran. Une mise à jour du CSIS datée du 27 juillet évaluait les stocks restants à moins de 1 000 intercepteurs Patriot et environ 250 intercepteurs THAAD, sans « bonne alternative » à l’un ou l’autre système contre les missiles balistiques.
Le CSIS a estimé que cette pénurie crée un « risque à court et moyen terme » pour la défense des forces américaines dans un éventuel futur conflit avec la Chine dans le Pacifique occidental. Les délais de fabrication se sont allongés, passant d’environ 24 mois à plus de 36 mois, les commandes de munitions ayant « dépassé les capacités de production ces dernières années », selon le CSIS. Le Pentagone a depuis annoncé des accords de sept ans visant à accroître la production des systèmes PAC-3 MSE et THAAD. Ramener les sept catégories de stocks examinées à leurs niveaux estimés d’avant-guerre pourrait prendre de un à quatre ans ; atteindre des niveaux suffisants pour un conflit avec la Chine prendrait davantage de temps encore.
Des responsables ont cité la disponibilité des intercepteurs comme l’un des facteurs, parmi d’autres, ayant conduit Trump à différer une escalade plus large après 13 nuits de frappes renouvelées. Le CSIS a qualifié la situation d’ensemble de « fenêtre de vulnérabilité » : l’épuisement des stocks ne prouve pas que Pékin ou Moscou aient décidé d’agir, mais il réduit la marge dans laquelle la projection de puissance américaine demeure libre de toute contrainte logistique.


