L’exclusion du Tigré de l’élection générale éthiopienne du 1er juin a fait suite à la révocation, en mai 2025, du statut légal du TPLF en tant que parti par la commission électorale — privant ainsi le Tigré de son principal vecteur de représentation législative fédérale avant même que des « conditions défavorables » n’aient fermé un seul bureau de vote. Le TPLF a depuis rétabli son conseil législatif d’avant-guerre en défi ouvert à l’autorité centrale.
L’analyste François Christophe de l’Atlantic Council soutient que la rhétorique d’Abiy sur la mer Rouge remplit une seconde fonction au-delà de la géopolitique : avec « son héritage en jeu » en année électorale, Abiy « a besoin d’une cause nationale fédératrice » — susceptible de détourner l’attention des insurrections non résolues qui s’enlisent en Amhara et en Oromia. L’International Crisis Group décrit le rapprochement de l’Érythrée avec son ancien ennemi du TPLF en termes tout aussi pragmatiques : en soutenant le Tigré, « l’Érythrée pourrait établir un glacis » maintenant les forces éthiopiennes mobilisées localement plutôt que dirigées vers Assab.
Firai Ministam Habasha Abiy Ahmed, Premier ministre éthiopien.
Chatham House esquisse l’architecture d’ensemble : le soutien de l’Éthiopie aux FSR au Soudan, adossé aux Émirats arabes unis, s’oppose à un axe Érythrée-Égypte aligné sur l’armée soudanaise — ce qui signifie qu’une reprise de la guerre entre l’Éthiopie et l’Érythrée ne resterait pas un conflit local. Elle activerait un front par procuration déjà ouvert à sa frontière immédiate.

