L’OTAN a ouvert son sommet d’Ankara le 7 juillet avec une vitrine de l’industrie de défense destinée à démontrer que les alliés européens et le Canada accélèrent leur production, tandis que le président américain Donald Trump est arrivé après avoir renouvelé ses critiques à l’égard de l’Alliance, selon Reuters. Le secrétaire général Mark Rutte a appelé à une « révolution » de l’industrie de défense, avertissant les alliés qu’ils « n’avaient pas le luxe du temps » : « Le bourdonnement des machines doit devenir un rugissement. »
Lockheed Martin et Rheinmetall ont signé un accord pour produire des missiles ATACMS sur le site de Rheinmetall à Unterlüß, en Allemagne — la première ligne de production d’ATACMS hors des États-Unis, selon Reuters. Ce virage intervient alors que Lockheed réduit sa production d’ATACMS à son usine de Camden, dans l’Arkansas, tout en donnant la priorité, sur le marché intérieur, au nouveau Precision Strike Missile — et ce alors même que la demande européenne et ukrainienne en armes de précision à longue portée reste élevée.
Cette vitrine fait suite à des mois de tensions entre Trump et les alliés européens sur les dépenses de défense, l’Iran, le Groenland et le dispositif militaire américain. Trump a qualifié la relation d’« unilatérale » et de « non réciproque », selon RFE/RL.
Rutte a déclaré que les alliés européens et le Canada investissaient désormais environ 4 % de leur PIB dans la défense et la sécurité, contre 2 % auparavant, avec 258 milliards de dollars d’investissements supplémentaires sur deux ans, selon RFE/RL. Le SIPRI a cependant averti que la catégorie élargie de l’OTAN intitulée « dépenses liées à la défense et à la sécurité » à 1,5 % risque d’estomper la frontière entre dépenses militaires et autres coûts de résilience, compliquant l’évaluation des capacités réelles.
Le projet de texte du sommet consulté par Reuters engage les alliés à un « engagement indéfectible » en faveur de la défense collective au titre de l’article 5, et à 70 milliards d’euros pour l’Ukraine en 2026. Il n’inclut pas le langage de « chemin irréversible » vers l’adhésion à l’OTAN figurant dans les déclarations des sommets récents, mais le texte n’était pas finalisé au 7 juillet.
Trump doit rencontrer le président ukrainien Volodymyr Zelensky le 8 juillet. La première journée a livré des engagements industriels et financiers concrets ; la question de savoir si le parcours politique de l’Ukraine vers l’adhésion se maintient au niveau des sommets précédents demeure ouverte.


