Des experts des droits humains de l’ONU ont appelé, le 21 juillet, à mettre fin immédiatement à ce que le Haut-Commissariat des Nations unies aux droits de l’homme (HCDH) a qualifié de « règne de la terreur » imposé par le groupe armé M23, soutenu par le Rwanda, dans les zones de l’est de la République démocratique du Congo sous son contrôle, exhortant les États et les Nations unies à contribuer à relancer le cessez-le-feu signé en décembre 2025 entre Kinshasa et le M23 — un processus distinct de l’accord d’État à État conclu entre le Rwanda et la RDC à Washington en juin 2025.
Les experts, parmi lesquels figurent le Rapporteur spécial de l’ONU sur la torture et des membres du Groupe de travail sur la détention arbitraire, ont indiqué que les viols, viols collectifs, agressions violentes et exécutions de civils étaient devenus une pratique courante du M23 dans le territoire qu’il contrôle — un phénomène distinct des quelque 90 000 cas de violences sexuelles liées au conflit recensés à l’échelle nationale, tous acteurs armés confondus, en 2025, selon le secrétaire général de l’ONU.
Le M23 a mis en place un système d’arrestations arbitraires, de torture sexuelle, de travail forcé et de recrutement forcé pour contrôler les civils dans les zones qu’il occupe, ont indiqué les experts du HCDH, les personnes détenues étant retenues dans des lieux non officiels marqués par la surpopulation et la privation de nourriture et d’eau ; plusieurs décès en détention auraient été signalés, et les proches des détenus sont, dans certains cas, contraints de payer pour obtenir leur libération — un schéma que les experts relient à une entreprise plus large visant à asseoir le contrôle sur l’est du pays, riche en ressources minières.
Cet appel fait suite à une mise en garde formulée le 9 juillet par le Haut-Commissaire aux droits de l’homme, Volker Türk, qui a déclaré à UN News que les forces gouvernementales congolaises et le M23 devaient cesser d’employer des armes explosives, après une série de morts de civils.
Les experts ont précisé être en contact direct avec le gouvernement congolais, et avoir également fait part de leurs constats au Rwanda, dont le soutien militaire au M23 a été documenté par les observateurs de l’ONU depuis la résurgence du groupe en 2021.


