L’Union européenne et 15 partenaires internationaux ont lancé l’Initiative Team Gaza le 13 juillet, s’engageant sur un montant initial de 883,6 millions d’euros — soit environ 1 milliard de dollars — pour des projets de relance précoce, a annoncé la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, lors de la deuxième réunion du Groupe de donateurs pour la Palestine à Bruxelles.
Cette somme couvre environ 1,4 % des 71,4 milliards de dollars de besoins en matière de relance et de reconstruction identifiés dans l’Évaluation rapide des dommages et des besoins (RDNA) d’avril 2026, préparée conjointement par l’Union européenne, les Nations unies et la Banque mondiale. L’ampleur de ce déficit de financement explique pourquoi l’initiative se concentre sur le rétablissement des services essentiels — déblayage des décombres, réparation des infrastructures d’eau et d’assainissement, et soins de santé de base — plutôt que sur le financement d’une reconstruction à grande échelle.
La reconstruction à grande échelle reste fortement entravée par les contrôles israéliens aux importations. Israël classe le ciment, l’acier et les engins de construction lourds comme des biens « à double usage » nécessitant une approbation au cas par cas, selon l’organisation israélienne de défense des droits Gisha — conférant ainsi aux autorités israéliennes un contrôle effectif sur le rythme et la portée de la reconstruction.
La gouvernance institutionnelle constitue un second défi. Le Comité national pour l’administration de Gaza (CNAG), créé pour administrer l’enclave sous la direction du commissaire en chef Ali Shaath, demeure basé en Égypte, l’insécurité persistante ayant empêché son déploiement à l’intérieur de Gaza malgré le cadre de cessez-le-feu d’octobre. Pour éviter de faire transiter des fonds par le Hamas, l’Union européenne recourt à son mécanisme financier de longue date, le PEGASE, pour soutenir les institutions palestiniennes. Les donateurs ont par ailleurs promis 41,7 millions d’euros supplémentaires pour l’Autorité palestinienne via PEGASE lors de la réunion de Bruxelles.
L’Australie et le Canada ont indiqué leur intention de rejoindre l’initiative, ce qui pourrait élargir l’enveloppe de financement disponible. Sans assouplissement des restrictions aux importations et sans administration civile opérationnelle à l’intérieur de Gaza, l’initiative risque néanmoins de demeurer un mécanisme de stabilisation d’urgence plutôt que le socle d’une reconstruction à grande échelle dont le territoire a encore besoin.


