Le Japon se dote de sa première agence de renseignement centralisée depuis la Seconde Guerre mondiale, en lançant cet été un Bureau national du renseignement fort d’environ 700 agents, placé sous l’autorité d’un conseil présidé par la Première ministre Sanae Takaichi, selon le New York Times.
Cette phase structurelle, adoptée par la Diète en mai, ne représente que la partie la plus aisée de la réforme. Une loi antiespionnage plus controversée est prévue pour la fin de l’année 2026 ; des critiques estiment que la supervision des nouveaux organes par la Diète et des tiers indépendants demeure insuffisante, selon le Royal United Services Institute.
L’utilisation du Japon par la Russie pour contourner les sanctions a constitué le catalyseur immédiat de cette réforme, mais la Chine représente la pression structurelle de fond. L’Agence nationale de police japonaise a associé le groupe de hackers MirrorFace, basé en Chine, à plus de 200 incidents cybernétiques visant le ministère des Affaires étrangères, le ministère de la Défense et la JAXA, selon Infosecurity Magazine.
Takaichi a par ailleurs levé les restrictions sur les exportations d’armes, engagé le plus important renforcement de la défense du Japon depuis la guerre et soutient la création à terme d’un service de renseignement extérieur dédié, comparable à la CIA, selon Al Jazeera.


