Les États-Unis et l’Iran ont procédé à un nouvel échange de frappes mercredi — la quatrième nuit consécutive de combats depuis l’effondrement effectif du cadre de cessez-le-feu conclu le mois dernier.
Les forces américaines ont frappé des cibles militaires iraniennes près du détroit d’Ormuz et le long de la côte sud de l’Iran, tandis que Washington étendait ses opérations maritimes visant à restreindre la navigation iranienne, selon Reuters. Le président Donald Trump a déclaré que la campagne se poursuivrait « jusqu’à ce que j’estime que c’est suffisant ».
Le fondement juridique de la reprise des opérations repose sur une notification que Trump a adressée au Congrès le 10 juillet, informant les élus que les hostilités avaient repris le 7 juillet, selon Roll Call. En vertu de la loi sur les pouvoirs de guerre, cette notification ouvre une nouvelle période de 60 jours durant laquelle les forces américaines peuvent poursuivre des opérations militaires sans déclaration de guerre formelle, à moins que le Congrès n’agisse avant l’échéance. L’administration avait précédemment soutenu que la première période de 60 jours, déclenchée par les frappes de février, avait pris fin lorsque les hostilités avaient cessé dans le cadre du cessez-le-feu de juin.
La pression militaire autour du détroit d’Ormuz s’exerce désormais des deux côtés. Les opérations navales américaines ciblent les navires liés au commerce iranien, tandis que l’Iran a cherché à plusieurs reprises à perturber la navigation commerciale par des attaques de missiles et de drones, des mines navales et des brouillages GPS ayant compliqué le trafic maritime civil dans le Golfe, selon des reportages de CNN et France 24. Ces actions conjuguées ont accru les risques le long de l’un des corridors énergétiques les plus fréquentés au monde.
Trump a par ailleurs averti que les États-Unis pourraient frapper des infrastructures iraniennes supplémentaires si Téhéran refusait de revenir à la table des négociations, selon The Hill. Le général de brigade à la retraite Mark Kimmitt a déclaré à CNN que les infrastructures soutenant directement des opérations militaires pourraient constituer un objectif militaire licite au regard du droit des conflits armés, tout en mettant en garde contre l’extension des frappes à des installations servant principalement à des fins civiles.
L’Iran a riposté par des attaques de missiles et de drones visant des sites militaires liés aux États-Unis au Bahreïn, au Koweït et en Jordanie. La Jordanie a indiqué avoir intercepté des missiles entrants, tandis que le ministère koweïtien de la Défense a signalé que quatre militaires avaient été blessés lors d’une frappe contre un navire de guerre. Les médias d’État iraniens ont également revendiqué des succès ailleurs, bien que ces affirmations n’aient pas été vérifiées de manière indépendante.
Quatre mois après la reprise de la guerre, le conflit s’est installé dans un schéma de frappes réciproques soutenues. La nouvelle notification au titre de la loi sur les pouvoirs de guerre et l’intensification de la pression militaire autour du détroit d’Ormuz donnent à penser que les deux parties se préparent à une confrontation prolongée plutôt qu’à un retour aux négociations.


