Un appareil militaire russe s’est écrasé jeudi près de Zvenigorod, à l’ouest de Moscou, lors de ce que des informations locales ont décrit comme un vol d’entraînement. Le média indépendant russe Astra a indiqué que l’appareil était probablement un Soukhoï Su-57, seul chasseur de cinquième génération opérationnel de la Russie — une information reprise par la suite par UNITED24 Media. Le ministère russe de la Défense n’avait, au moment de la publication, confirmé ni le type d’appareil, ni l’état de l’équipage, ni la cause de l’accident, selon Defence Blog.
Des vidéos circulant sur des chaînes Telegram russes montrent une carcasse en flammes, tandis que les secours intervenaient sur place. Astra a rapporté que le pilote se serait probablement éjecté avant l’impact, bien qu’aucune déclaration officielle russe n’ait été faite sur l’état de l’équipage, selon des informations compilées par UNITED24 Media.
Si l’appareil s’avère être un Su-57, cet incident toucherait l’une des flottes de combat les plus réduites et les plus stratégiquement importantes de Russie. Le programme Su-57 a manqué presque tous ses grands objectifs de production depuis le début des livraisons en série en 2020, et les estimations en sources ouvertes du parc opérationnel varient d’environ 20 à un peu plus de 40 appareils, la plupart des évaluations se situant plutôt autour de 30. Cet écart important reflète le peu d’informations publiques disponibles sur un programme largement soustrait à tout contrôle indépendant. Contrairement aux flottes bien plus importantes de chasseurs Su-34 et Su-35, la perte, même d’un seul Su-57 de série, représenterait une réduction significative de la seule capacité de combat de cinquième génération opérationnelle dont dispose le pays.
La lenteur du développement du programme se reflète également dans son système de propulsion. La plupart des Su-57 ont volé avec le moteur intérimaire AL-41F1, dérivé de celui du Su-35, tandis que le réacteur de seconde génération prévu — connu sous le nom d’Izdeliye 30 ou AL-51F1 — n’a commencé que récemment à équiper des appareils de série. La Russie a affirmé que les futures livraisons intégreraient ce nouveau moteur en standard. Par ailleurs, une évaluation du complexe de production de Soukhoï réalisée par le Royal United Services Institute (RUSI) a conclu que la chaîne de fabrication de l’appareil demeure vulnérable aux sanctions occidentales visant l’électronique de pointe, les machines-outils de précision et les matériaux spécialisés, malgré les affirmations de Moscou selon lesquelles la substitution par des composants nationaux aurait compensé ces contraintes.
Cet accident présumé fait suite à un autre incident important survenu dans l’aviation militaire russe. Le 15 juin, un bombardier stratégique Tu-22M3 s’était écrasé près de Svirsk, dans la région russe d’Irkoutsk, alors qu’il rentrait d’un vol d’entraînement, le ministère de la Défense attribuant cette perte à une panne moteur. Les quatre membres d’équipage s’étaient éjectés, selon des informations de Reuters reprises par Investing.com. Pris ensemble, l’accident présumé du Su-57 et celui du Tu-22M3 en juin s’ajoutent à une série d’incidents aériens qui ont soulevé des interrogations sur la maintenance, les capacités de production et le rythme opérationnel en temps de guerre au sein des Forces aérospatiales russes. Reste à savoir si l’accident de jeudi traduit des problèmes systémiques plus larges — une question qui dépendra des conclusions d’une éventuelle enquête officielle.
La cause de l’accident de jeudi demeure inconnue, et les autorités russes n’ont annoncé aucune enquête formelle. Les affirmations circulant sur les réseaux sociaux selon lesquelles l’appareil aurait été abattu par une action hostile ou par un tir ami ne sont étayées par aucune preuve accessible publiquement et restent, à ce stade, non vérifiées.


