L’administration Trump envisage une action militaire directe au Mali contre le JNIM, groupe affilié à Al-Qaïda, a rapporté le Washington Post le 22 juillet, citant des responsables américains en poste et d’anciens responsables. Les avis seraient partagés au sein de l’administration ; aucun ordre de frappe n’a été annoncé à ce stade. Selon un ancien responsable, l’un des objectifs poursuivis par l’administration l’année dernière était d’obtenir des droits de survol pour les avions de surveillance américains. Le Pentagone a refusé de commenter.
Cette éventuelle action américaine intervient alors que le gouvernement militaire malien subit des revers, après avoir remplacé ses partenariats sécuritaires avec la France et les Nations unies par un partenariat avec la Russie. L’Africa Corps, sous le contrôle du ministère russe de la Défense, soutient les forces maliennes et sécurise des axes stratégiques ainsi que des centres urbains, offrant à Moscou un levier considérable, sans pour autant lui conférer un contrôle total.
L’Africa Corps a reconnu s’être retiré de Kidal en avril, aux côtés des troupes maliennes, après des attaques coordonnées menées par le JNIM et le Front de libération de l’Azawad, dirigé par des combattants touaregs. L’Associated Press a rapporté une embuscade survenue le 18 juillet sur l’axe Anéfis-Gao, visant un convoi que les assaillants ont présenté comme comprenant à la fois du personnel malien et des membres de l’Africa Corps ; les bilans de victimes avancés n’ont pas été vérifiés de manière indépendante. Selon l’ACLED, les partenariats militaires russes dans le centre du Sahel n’ont produit que des résultats limités, tandis que le JNIM continue d’affaiblir le contrôle étatique au Mali et au Burkina Faso.
La France conserve d’importants intérêts économiques dans la région et affirme travailler avec ses partenaires régionaux contre le terrorisme, mais Paris n’a annoncé aucun retour de troupes. Les affirmations selon lesquelles la France encouragerait une action américaine demeurent, à ce stade, spéculatives.
Une opération américaine pourrait risquer des contacts directs avec du personnel russe et raviver la compétition entre Washington, Moscou et l’ancienne puissance coloniale française. Une autorisation malienne, de nouveaux accords de survol ou un déploiement de l’AFRICOM constitueraient le prochain seuil d’escalade.


