La décision du président Trump de renoncer à une intensification prévue de deux semaines des frappes contre l’Iran fait suite à une mise en garde privée de son propre chef d’état-major le plus haut placé. Le général Dan Caine, président des chefs d’état-major interarmées, a averti Trump — selon un récit livré par des responsables au Wall Street Journal — que la poursuite de frappes à un rythme élevé aggraverait un épuisement déjà sévère des stocks d’intercepteurs, la guerre ayant consommé plus de 1 500 intercepteurs Patriot face à une chaîne de production américaine qui n’en remplace que quelques centaines par an — un rythme de consommation qu’aucune hausse rapide des dépenses ne peut inverser à court terme.
L’amiral Brad Cooper, du CENTCOM, a avancé une justification distincte et plus restreinte, sans contredire l’avertissement de Caine. Cooper a indiqué au Pentagone, selon un compte rendu détaillé par Axios, qu’environ 80 % des cibles désignées autour du détroit d’Ormuz avaient déjà été frappées, rendant la poursuite des bombardements dépourvue de sens en l’absence d’une décision d’escalader vers des opérations de combat à grande échelle visant le cinquième restant.
Le différend a depuis débordé sur la question même de la divulgation. L’ambassadeur américain auprès de l’ONU, Mike Waltz, dans des propos diffusés sur NBC News, a affirmé que les fuites concernant cette pénurie mettaient en péril la sécurité nationale et que leurs auteurs « méritaient la prison ». Cette réaction, associée au refus de la Maison-Blanche de communiquer les chiffres actuels des stocks d’intercepteurs, fonctionne moins comme un élément rassurant que comme un écran : elle soustrait à l’examen public une faille structurelle de la chaîne d’approvisionnement — le décalage entre le rythme de consommation en temps de guerre et les capacités de production en temps de paix.


