La Russie a de nouveau relevé le plafond autorisé des effectifs de ses forces armées, renforçant une structure militaire conçue pour une guerre prolongée plutôt que pour une démobilisation d’après-guerre.
Le décret, signé par le président Vladimir Poutine le 27 juillet, porte ce plafond à 2 426 130 personnes, dont 1 535 000 militaires — la troisième augmentation de ce type en 2026, selon l’Institute for the Study of War (ISW). Le décret associe ces postes supplémentaires à la création de nouvelles unités du génie militaire ; il ne précise ni leur fonction, ni leur localisation prévue.
L’ISW avait par ailleurs estimé, en février, que le Kremlin privilégiait des appels limités et échelonnés de réservistes — un mécanisme juridique distinct de ces décrets fixant les effectifs autorisés — précisément pour éviter le rejet intérieur suscité par la mobilisation partielle de 2022, qui avait poussé des centaines de milliers de Russes à quitter le pays.
Aucun document russe public consulté par The War Desk ne fixe d’objectif d’effectifs pour 2030. Le chef d’état-major des armées françaises, le général Fabien Mandon, a indiqué au Parlement en avril que les estimations des services de renseignement situaient les effectifs russes à 1,9 million de soldats d’ici 2030, contre 1,3 million actuellement.
Les dépenses militaires demeurent structurellement élevées : le SIPRI recense une réduction prévue des dépenses militaires russes pour 2026, à 14 900 milliards de roubles, soit 6,3 % du PIB — un recul significatif par rapport aux 7,5 % de 2025, même si ce niveau demeure le plus élevé depuis l’effondrement de l’Union soviétique.
Un simple relèvement de plafond ne prouve, à lui seul, aucun calendrier d’attaque. Mais l’expansion répétée des forces, l’accroissement des capacités de construction militaire et le maintien de dépenses de guerre élevées demeurent incompatibles avec une véritable désescalade.


