Des frappes israéliennes ont tué au moins deux Palestiniens à Gaza jeudi, quelques heures après que l’armée eut émis des ordres d’évacuation pour quatre zones, avant de frapper ces mêmes zones, selon Al Jazeera. Des frappes aériennes israéliennes ont détruit des habitations dans les camps de réfugiés de Bureij et de Jabalia, ainsi que dans les quartiers de Zeitoun et de Tal al-Hawa, à Gaza. Une frappe distincte contre un bâtiment situé à Zeitoun a, quant à elle, blessé plusieurs personnes, a indiqué une source de l’hôpital al-Ahli. L’armée israélienne affirme que ces frappes visent des infrastructures utilisées par des combattants et accuse le Hamas de dissimuler hommes armés et armements au sein de sites civils.
Ce n’est pas un cas isolé. Le Haut-Commissariat des Nations unies aux droits de l’homme a indiqué que la pratique israélienne des ordres d’évacuation soulevait de sérieuses préoccupations quant à une volonté de vider durablement certaines zones de Gaza de leur population civile afin d’y créer une zone tampon — ce qui constituerait un transfert forcé, en violation grave de la quatrième Convention de Genève, selon le HCDH. Ces frappes surviennent malgré un « cessez-le-feu » négocié sous l’égide américaine, entré en vigueur en octobre 2025 ; les autorités sanitaires locales font état de plus de 1 185 morts à Gaza depuis son entrée en vigueur.
La situation humanitaire, sous ce cessez-le-feu, demeure fragile. Une nouvelle analyse IPC sur la sécurité alimentaire prévoit que 1,4 million de personnes, soit 67 % de la population de Gaza, seront confrontées, jusqu’en décembre, à une insécurité alimentaire de niveau critique ou pire, contre 1,2 million lors de la précédente période de référence, et constate que 83 % des foyers déclarent désormais n’avoir aucune source de revenu, rendant la plupart des familles entièrement dépendantes de l’aide extérieure, selon Middle East Monitor. Le Coordinateur israélien des activités gouvernementales dans les territoires a rejeté ces conclusions de l’IPC, les jugeant méthodologiquement erronées, et a attribué au Hamas la responsabilité d’entraver l’acheminement de l’aide.
Le déploiement de la Force internationale de stabilisation soutenue par les États-Unis, censée contribuer à sécuriser Gaza et à superviser le désarmement du Hamas, reste bloqué plusieurs mois après son autorisation par le Conseil de sécurité de l’ONU. Le secrétaire d’État Marco Rubio a indiqué qu’Israël disposait d’un droit de veto de facto sur les pays dont les forces pouvaient rejoindre la mission, et qu’il l’avait utilisé pour s’opposer à la participation de la Turquie, selon Gulf News.
Le Foreign Office britannique a, par ailleurs, demandé à Israël de lever les restrictions imposées à l’aide humanitaire, affirmant que ces restrictions « favorisent la propagation des maladies et la pénurie d’eau, et détruisent les services de santé », selon la retranscription, par Al Jazeera, d’un communiqué du ministère.


