La Syrie a volontairement révélé l’existence de matières nucléaires jusqu’alors non déclarées, issues du programme de l’ère Assad, dans le but de rouvrir sa coopération avec l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA). Le ministre syrien des Affaires étrangères, Asaad al-Shaibani, a indiqué que Damas avait adressé à l’agence une lettre officielle, le 17 juillet 2026, déclarant « de son plein gré la présence de matières nucléaires sur un site non déclaré, faisant partie de l’héritage laissé par l’ancien régime ». Le directeur général de l’AIEA, Rafael Grossi, a confirmé, à l’issue d’une visite de deux jours à Damas, que les inspecteurs avaient pu accéder au site, qualifiant cette découverte de « quelques tonnes de matières nucléaires qui pourraient se prêter à un usage malveillant ».
Les inspecteurs se sont rendus sur l’ancien site du réacteur d’Al-Kibar, à Deir ez-Zor, détruit par Israël lors d’une frappe aérienne en 2007, après que les États-Unis et l’AIEA avaient jugé probable qu’il s’agissait d’un projet clandestin de réacteur nucléaire, mené avec une assistance nord-coréenne présumée, ainsi que sur un second site non divulgué. Des sources sécuritaires régionales ont identifié ce second lieu de stockage comme le « site 99 », où auraient été entreposés des concentrés d’uranium (yellowcake) liés au projet d’Al-Kibar, selon Axios. La Syrie affirme que ces matières ne sont pas de qualité militaire et revendique son droit, au titre du Traité de non-prolifération (TNP), à un usage pacifique.
Cette avancée fait suite à plusieurs mois de diplomatie discrète : Axios a rapporté que l’administration Trump avait négocié l’accord tripartite entre la Syrie, Israël et l’AIEA afin de désamorcer une crise que certains responsables craignaient de voir impliquer la Turquie. Le gouvernement du président Ahmed al-Sharaa, au pouvoir depuis la chute d’Assad en décembre 2024, a fait de la coopération avec l’AIEA un levier pour mettre fin à l’isolement international de la Syrie. Cette révélation ne règle pas pour autant les tensions sécuritaires régionales plus larges, notamment les inquiétudes israéliennes concernant des infrastructures militaires non déclarées en Syrie. Cette affaire illustre à la fois la valeur et les limites du système de garanties nucléaires : la transparence peut rouvrir des canaux diplomatiques, mais la vérification seule ne peut résoudre les conflits géopolitiques à l’origine du risque nucléaire.


