Les États-Unis ont frappé plus de 300 cibles militaires iraniennes en trois nuits — radars, lanceurs, stocks de missiles et de drones —, selon le CENTCOM, après qu’une frappe iranienne a touché un navire commercial près du détroit d’Ormuz. Les attaques iraniennes ont désormais atteint l’ensemble du Golfe, et les voisins de Téhéran se retournent contre lui.
Le Koweït a signalé une « attaque hostile et criminelle » contre trois postes frontaliers au nord du pays ainsi qu’une frappe de drone contre une plateforme pétrolière offshore ayant blessé un travailleur, selon Arab News. Le Qatar a indiqué que des éclats de munitions iraniennes interceptées avaient blessé trois personnes, dont un enfant. La Jordanie et les Émirats arabes unis n’ont fait état d’aucune victime.
Le Conseil de coopération du Golfe (CCG) a condamné les attaques contre ses membres et contre la Jordanie, son secrétaire général Jasem Albudaiwi les qualifiant de grave violation du droit international, selon Asharq Al-Awsat. L’adhésion du Qatar et d’Oman à cette condamnation revêt une importance particulière : les deux pays ont longtemps servi de canaux discrets entre Téhéran et l’Occident. L’Égypte s’est également jointe au mouvement, son ministre des Affaires étrangères exhortant le Qatar et Oman à contribuer à relancer les pourparlers américano-iraniens, selon Ahram.
Téhéran a déclaré le détroit d’Ormuz fermé et, par l’intermédiaire d’une nouvelle Autorité du détroit du golfe Persique, a entrepris de facturer entre 1 et 2 millions de dollars par navire. Washington affirme que le trafic se poursuit, et les cours du pétrole ont reculé par rapport à leurs sommets de guerre proches de 120 dollars. Les médias d’État iraniens ont formulé des affirmations contradictoires et non vérifiées faisant état de frappes contre des forces américaines au Koweït.
Pendant des années, l’Iran a frappé le Golfe par l’intermédiaire de proxys. Il tire désormais depuis son propre territoire contre le Qatar, le Bahreïn, le Koweït et la Jordanie, ainsi que contre des bases américaines à travers la région. Ce qui avait commencé comme une guerre entre l’Iran, Israël et Washington a entraîné les États arabes dans le conflit — laissant Téhéran plus isolé que jamais tout en continuant de combattre sur plusieurs fronts.


