Le porte-parole du ministère iranien des Affaires étrangères, Esmaeil Baghaei, a déclaré lundi que Téhéran ne menait aucune négociation active avec Washington, alors même que les cours mondiaux du pétrole enregistraient leur plus forte baisse quotidienne depuis début avril. Le Brent, référence mondiale, a clôturé à 85,87 dollars le baril, en repli de 11,3 %, tandis que le brut américain reculait d’environ 7 %, à 82,61 dollars, selon CNN, après que le président Donald Trump a suspendu une campagne de frappes qui s’était poursuivie pendant près de deux semaines. Baghaei a nettement circonscrit le seul canal encore ouvert, qualifiant les discussions avec Oman sur la navigation dans le détroit d’Ormuz de « négociations utiles concernant la gestion du trafic maritime », précisant qu’elles n’avaient « aucun lien avec les États-Unis ».
Derrière cette distinction se cache une proposition concrète. Un compromis actuellement en négociation prévoit que l’Iran gère le transit des navires à travers le détroit d’Ormuz avec moins de restrictions imposées aux bâtiments, les deux pays cherchant à relancer l’accord de cessez-le-feu intérimaire qui s’était effondré après que l’Iran eut ouvert le feu sur des pétroliers transitant par le détroit, selon un responsable cité par Fortune, non autorisé à s’exprimer publiquement sur le sujet.
Les diplomates ont évité de qualifier la pause actuelle de cessez-le-feu. Elle a été présentée comme une tentative de laisser « un peu d’espace » aux pourparlers de paix, l’Iran ayant lui aussi suspendu ses frappes régionales ces derniers jours, selon CNBC, alors même que Téhéran dément par ailleurs des informations distinctes faisant état de son acceptation d’une trêve de dix jours.
L’Arabie saoudite, qui observe cette pause depuis l’extérieur du canal américano-iranien, a subordonné sa propre retenue à un principe de réciprocité. « La position de l’Iran demeure celle du “attaque contre attaque” : si les attaques cessent, l’Iran cessera lui aussi ses opérations », a déclaré une source à Reuters, selon le Jerusalem Post, qui rapporte que Riyad et Washington ont chacun transmis leurs réponses après une deuxième nuit consécutive sans nouvelle frappe américaine.


