Les forces armées ukrainiennes ont officiellement acquis la Vyrivniouvatch, la première bombe aérienne guidée développée sur le sol ukrainien, après avoir passé avec succès les essais requis. Cette arme a déjà atteint le champ de bataille : des canaux militaires ukrainiens ont documenté une frappe menée en juin 2026 contre des positions russes en tranchées, selon Militarnyi. Le colonel Vladyslav Voloshyn, de la Direction centrale des activités d’innovation ukrainienne, a déclaré le 14 août à Ukrinform que d’autres systèmes de précision à lancement aérien étaient également en cours de développement.
La Vyrivniouvatch, dont le nom signifie approximativement « l’Égalisatrice », a été conçue par la start-up ukrainienne DG Industry via Brave1, une plateforme publique dédiée aux technologies de défense. Le ministère ukrainien de la Défense a indiqué que cette bombe de 250 kilogrammes avait achevé ses essais et atteint sa pleine capacité opérationnelle après 17 mois de développement, un premier lot expérimental ayant déjà été acquis. Defense Express estime que sa portée annoncée de 130 kilomètres n’est réaliste qu’à haute altitude — un profil de vol rendu risqué par la défense antiaérienne russe, ce qui réduit sa portée pratique à environ 40 kilomètres. Selon Militarnyi, elle coûterait environ un tiers du prix d’un kit JDAM-ER (Joint Direct Attack Munition-Extended Range).
Les bombes planantes russes, quant à elles, font peser un bilan civil de plus en plus lourd. La Mission de surveillance des droits de l’homme des Nations unies en Ukraine (HRMMU) a indiqué que les victimes de bombardements aériens avaient augmenté de 143 % en juillet par rapport à juin, avec 105 morts et 753 blessés, faisant des bombes planantes la deuxième cause de pertes civiles. Les frappes se sont concentrées sur des villes proches du front ou de la frontière, dont Kharkiv, Zaporijjia, Soumy, Sloviansk et Kramatorsk. Ces engins étant largués par des avions russes depuis l’arrière du front, le Joint Air Power Competence Centre, un organisme de recherche affilié à l’Otan, a noté que leur interception par des systèmes Patriot ou NASAMS reste techniquement possible, mais économiquement intenable face à des munitions aussi peu coûteuses.


