L’appel du président Trump exhortant le Premier ministre Netanyahu à retirer ses forces de Syrie et du Liban ressemble moins à une demande qu’à un désaveu, révélant une stratégie qu’Israël semble déterminé à figer en place, selon Axios.
L’insistance de Netanyahu sur des « zones de sécurité » n’est pas purement défensive. Avec des élections dans trois mois et sa survie politique en jeu, le maintien d’un territoire à l’étranger lui sert également de couverture politique intérieure, lui permettant de revendiquer des gains sécuritaires plutôt que de négocier des retraits que sa coalition traiterait comme une capitulation.
Cet ancrage se heurte désormais au projet plus large de Washington. La rencontre de Trump avec le président syrien Ahmed al-Sharaa en Turquie signale un pari sur une normalisation accélérée destinée à arracher Damas à l’orbite iranienne. La présence continue des Forces de défense israéliennes dans le sud de la Syrie constitue un obstacle direct à ce calendrier, mettant en lumière une collision entre le réalignement par accord cher à Trump et le territorialisme tactique de Netanyahu — où le terrain occupé prend de la valeur à mesure que le temps passe.
Les pourparlers de Rome sur les « zones pilotes » au Liban révèlent le même schéma. Israël exige un désarmement vérifié avant tout nouveau retrait ; le Liban refuse une vérification unilatérale israélienne sans calendrier fixe. L’impasse protège commodément les deux gouvernements des coûts intérieurs du compromis.
La réponse prudente du responsable américain — déclinant tout commentaire tout en saluant l’alliance — souligne l’écart entre le message public et le désaccord stratégique qui affleure désormais en dessous.


