Une arme américaine a frappé une maison où se déroulait un mariage dans le sud de l’Iran lors des attaques américaines menées cette semaine, selon une enquête visuelle du New York Times, apportant une preuve indépendante qu’une munition américaine a directement touché un site civil lors de la dernière escalade entre Washington et Téhéran.
Le Times a vérifié des vidéos tournées à Kuhestak, dans la province iranienne du Hormozgan, a fait correspondre le bâtiment endommagé à des images satellite et a analysé des photographies de fragments d’armes récupérés sur les lieux. Un expert en explosifs consulté par le journal a identifié les débris comme compatibles avec une Joint Standoff Weapon (JSOW), une bombe planante utilisée par les États-Unis. Ces éléments relient une arme américaine au bâtiment, mais n’établissent pas que la maison ou le mariage constituait la cible visée.
Des enquêtes indépendantes corroborent ce constat plus large, tout en laissant moins certaine l’identification précise de la munition. Des spécialistes en armement ayant examiné des photographies pour l’Associated Press ont déclaré que les fragments étaient compatibles avec des armes guidées de fabrication américaine, potentiellement une JSOW ou un missile SLAM-ER.
L’AP a identifié la maison comme appartenant à Ali Mallahi, un pêcheur dont la fille se mariait ce jour-là. Les autorités iraniennes indiquent que quatre personnes — deux femmes et deux enfants — ont été tuées et plus de 60 blessées lors de cette attaque. L’AP a rapporté que l’une des victimes, âgée de 16 ans, avait été touchée par des éclats d’obus près d’une tour de communication plutôt qu’à l’intérieur de la maison où se tenait le mariage, ce qui complique le bilan précis des victimes au sein même de la résidence.
Cette tour est au cœur de la question restée sans réponse concernant cette frappe. Le Times a établi que le lieu du mariage se trouvait à environ 150 mètres d’une installation de communications, distincte, qui a elle aussi été attaquée, tandis que l’AP a identifié de manière indépendante la même installation voisine. Le Commandement central américain a indiqué que son opération du 1er septembre visait des installations de communication du CGRI, ainsi que des sites de défense aérienne, des systèmes radar, des moyens maritimes et des capacités de pose de mines.
Le porte-parole du CENTCOM, le capitaine Tim Hawkins, a déclaré que l’armée examinait les informations relatives à la frappe sur le mariage, mais le commandement n’a pas précisé si la résidence de Kuhestak figurait sur sa liste de cibles, ni si une enquête formelle avait été ouverte. Aucun élément public n’établit actuellement si le bâtiment a été délibérément sélectionné, frappé en raison d’informations de ciblage erronées, touché par une arme destinée à une autre cible, ou endommagé pour une autre raison.
Cette distinction est cruciale. La preuve qu’une arme américaine a touché un bâtiment civil n’établit pas, à elle seule, que les forces américaines ont délibérément attaqué un mariage ni que la frappe a violé le droit international humanitaire. Une telle évaluation dépendrait de l’objectif militaire visé, des renseignements dont disposaient les planificateurs américains, de la présence prévisible de civils, de l’arme et de la méthode d’attaque choisies, ainsi que du respect ou non de précautions réalisables pour réduire les dommages civils.
Les éléments visuels n’en créent pas moins une question directe de responsabilité pour Washington. Les États-Unis affirment que leur campagne renouvelée vise des capacités militaires iraniennes liées à des attaques contre les forces américaines et le trafic maritime. Les éléments recueillis à Kuhestak exigent désormais une explication sur la manière dont une arme américaine a pu frapper une maison remplie d’invités de mariage, à environ 150 mètres seulement d’une installation de communications elle aussi visée.


