Les États-Unis font pression sur le Conseil de sécurité de l’ONU pour étendre l’embargo sur les armes au Soudan, actuellement limité au Darfour, à l’ensemble du pays, en s’appuyant sur l’expiration, le 12 septembre, du mandat actuel des sanctions sur le Darfour pour cibler les réseaux extérieurs d’armes et de drones qui alimentent la guerre. L’AP a rapporté que le projet de résolution étendrait à l’ensemble du pays l’embargo vieux de deux décennies sur le Darfour et couvrirait explicitement les drones et systèmes sans pilote. L’envoyé américain Massad Boulos a déclaré au Conseil que des drones armés avaient tué plus de 1 120 civils au cours du premier semestre 2026, soit environ 80 % des décès civils recensés sur cette période, selon APAnews.
Le combat autour de l’embargo met au jour les rouages extérieurs de la guerre. Des experts de l’ONU et des organisations de défense des droits humains ont accusé les Émirats arabes unis d’armer les FSR, une accusation qu’Abou Dhabi dément, tandis que l’Iran, l’Égypte, la Turquie, l’Arabie saoudite et la Russie ont soutenu les FAS.
La Russie a déjà averti qu’un embargo élargi pourrait affaiblir les FAS. Ces dernières, de leur côté, s’opposent à un embargo à l’échelle nationale, qu’elles présentent comme une atteinte à la souveraineté du Soudan, alors même qu’elles revendiquent aussi le statut de gouvernement légitime du pays. La Russie et la Chine soutiennent cet argument de souveraineté, et leur appui au Conseil de sécurité rend improbable une application stricte de la résolution, même si celle-ci est adoptée. Un embargo ne suffira pas, à lui seul, à mettre fin à la guerre. Mais il met en lumière ce qui l’entretient : des factions armées traitant les négociations comme une mise en scène, des soutiens étrangers armant les deux camps, et des drones transformant cette impasse en hécatombe civile.


