Le vice-président américain JD Vance a déclaré que la capacité de la Russie à engranger de nouveaux gains par des opérations offensives en Ukraine était devenue « extrêmement faible » et « proche de zéro », saluant l’utilisation par Kyiv de drones et de technologies de surveillance comme autant de facteurs contribuant à créer les conditions d’une fin du conflit, a rapporté Ukrainska Pravda, citant un entretien accordé au Sunday Times.
Vance a déclaré que la visibilité moderne sur le champ de bataille rend plus efficace le fait de tenir le terrain et d’user les forces russes que de lancer de grandes offensives. Il a établi un contraste avec la contre-offensive ukrainienne de 2023, qu’il a qualifiée d’échec stratégique et tactique.
Ces remarques interviennent alors que Washington se prépare à la diplomatie du sommet de l’OTAN à Ankara, et font suite à un ton plus favorable à l’Ukraine de la part du président Donald Trump ces derniers jours. Reuters a rapporté que Zelensky a décrit son appel téléphonique du 4 juillet avec Trump comme « très positif », a appelé à une « résolution américaine » pour aider à mettre fin à la guerre, et a indiqué que les deux dirigeants avaient convenu de poursuivre leurs échanges lors du sommet de l’OTAN en Turquie. Trump s’est également entretenu séparément avec Poutine, proposant de contribuer à un règlement négocié, tandis que la Russie continuait d’insister sur le contrôle du Donbass — une exigence que Kyiv rejette.
Ce changement de ton intervient par ailleurs alors que les dirigeants de l’OTAN devraient réaffirmer leur soutien à l’Ukraine lors du sommet d’Ankara. Reuters a rapporté que le projet de texte du sommet inclut un engagement majeur de soutien militaire à l’Ukraine et décrit la Russie comme une menace à long terme pour la sécurité euro-atlantique.
La situation sur le terrain reste disputée. La Russie a revendiqué des gains dans l’oblast de Donetsk, notamment autour de Kostiantynivka, mais l’Ukraine a rejeté ces affirmations. Reuters a précisé ne pas avoir pu vérifier les informations de terrain de manière indépendante.
Les remarques de Vance ne constituent pas une évaluation indépendante des conditions sur le champ de bataille, mais elles témoignent d’un changement dans la façon dont l’administration Trump présente publiquement la guerre. L’accent n’est plus mis uniquement sur la superficie du territoire contrôlé par l’Ukraine ou la Russie. Il porte désormais aussi sur la capacité de l’Ukraine à stopper les avancées russes, à détruire des équipements, à épuiser les forces adverses et à rendre les attaques continues trop coûteuses pour Moscou. Après l’échange plus chaleureux entre Trump et Zelensky et à la veille du sommet de l’OTAN, les propos de Vance suggèrent que Washington pourrait désormais considérer la résilience défensive de l’Ukraine comme un argument plus solide sur le plan diplomatique : si la Russie ne peut plus guère progresser sur le terrain, la pression en faveur de négociations pourrait s’intensifier — sur des bases moins favorables au Kremlin.


