L’Arabie saoudite et les Émirats arabes unis ont orchestré une démonstration coordonnée d’unité, dans un effort visant à contenir une fracture grandissante entre les deux États arabes les plus puissants du Golfe.
Le ministre saoudien des Médias, Salman Al-Dosary, et le président de l’Autorité nationale des médias émiratie, Abdallah Alhamed, ont publié mardi, à 19 heures, des communiqués quasiment identiques, faisant l’éloge des deux dirigeants et appelant les médias à ne pas nuire aux relations bilatérales — une consigne adressée aux médias d’État autant qu’une déclaration de bonnes intentions. Une photographie de Khalid ben Salmane et du cheikh Mansour ben Zayed, se tenant par les épaules, a été partagée par le conseiller de la cour royale saoudienne, Turki Alalshikh ; le conseiller émirati Anwar Gargash a écrit que des lances « refusent de se briser » lorsqu’elles restent unies, mais « se brisent » dès qu’elles se séparent.
Cette mise en scène traduisait un effort concerté visant à maîtriser le discours public et à afficher une retenue, alors que la sécurité du Golfe demeure sous pression.
La fracture va toutefois plus loin qu’une simple communication. Le retrait des Émirats arabes unis de l’OPEP, effectif depuis le 1er mai, a libéré Abou Dabi, lui permettant de mener sa propre politique de production, et a mis au jour une divergence durable avec la stratégie pétrolière de Riyad.
Les frappes iraniennes sur le territoire du Golfe et les menaces houthies contre le transport maritime saoudien ont accru le coût politique d’un différend affiché publiquement et renforcé la pression en faveur d’une coordination régionale. Mais les rivalités sous-jacentes — sur le Yémen, les ports de la mer Rouge et la concurrence pour attirer les investissements étrangers — demeurent, elles, non résolues. L’unité affichée relève d’un parapluie sécuritaire, non d’une réconciliation.


