Le ministre allemand des Affaires étrangères, Johann Wadephul, a proposé la création d’une force mandatée par l’UE dans le sud du Liban après la fin de la mission de maintien de la paix de l’ONU, faisant valoir que l’Europe devrait prévenir l’apparition d’un vide sécuritaire le long de la frontière avec Israël.
« Nous devrions examiner au sein de l’UE si nous pouvons garantir qu’aucun vide sécuritaire ne se crée avec un mandat européen faisant suite à la mission de la FINUL », a déclaré Wadephul au Redaktionsnetzwerk Deutschland dans un entretien rapporté par Reuters le 17 juillet.
Le Conseil de sécurité de l’ONU a prorogé pour la dernière fois la Force intérimaire des Nations unies au Liban en août 2025. Déployée depuis 1978, cette mission doit cesser ses opérations le 31 décembre 2026, avant d’entamer un retrait d’une durée d’un an.
Wadephul a déclaré qu’une force européenne pourrait créer les conditions d’un retrait des troupes israéliennes sans que le Hezbollah ne revienne dans les zones évacuées. L’initiative demeure une proposition allemande et non une politique européenne arrêtée ; elle nécessiterait le soutien d’autres États membres.
La proposition fait suite au sixième cycle de négociations entre le Liban et Israël, conduit par les États-Unis et conclu à Rome le 15 juillet. Les négociateurs ont convenu de lignes directrices pour des « zones pilotes » proposées dans le cadre d’un accord conclu à Washington le 26 juin. Le plan prévoit le désarmement des groupes armés, le déploiement des forces armées libanaises et un retrait israélien progressif.
Le Hezbollah rejette tout désarmement, tandis qu’Israël affirme que ses forces demeureront en place tant que le groupe conservera ses armes. Toute mission européenne hériterait donc du même différend non résolu qui a entravé la FINUL pendant des décennies.


