Le gouvernement paraguayen a établi un lien entre l’Armée du peuple paraguayen (EPP) et un groupe criminel organisé dans l’attaque meurtrière menée contre un poste de police à Naranjito, district d’Ybyrarobaná, département de Canindeyú, dans la nuit du 21 juillet.
Entre 20 et 30 assaillants armés ont ouvert le feu, avec des fusils de calibre 5,56 mm, sur le poste de police n° 4, avant d’incendier le bâtiment ainsi que plusieurs véhicules à l’aide de cocktails Molotov. Deux policiers, Atilio Martínez Barrios et Herminio Ojeda González, ainsi qu’un employé civil, Josemar Escobar Piris, ont été tués. Un troisième policier a été blessé.
Le ministre de l’Intérieur, Enrique Riera, a indiqué que des éléments balistiques reliaient l’une des armes utilisées lors de cet assaut à une attaque menée contre le commissariat d’Ybyrarobaná le 3 mai 2025. Une seconde arme avait été utilisée en 2020 par un autre groupe criminel lors d’un affrontement avec la police à Laurel. Riera a précisé que les assaillants s’étaient retirés à pied, en formation militaire, et que l’EPP s’était alliée à des trafiquants de drogue.
Cette conclusion révise l’évaluation initiale de la police, qui privilégiait un mobile lié au crime organisé et estimait ne pas disposer de preuves suffisantes pour impliquer l’EPP. L’enquête reste ouverte.
L’EPP est apparue en 2008, issue d’un réseau armé lié au mouvement de gauche Patria Libre. Elle se présente comme une organisation révolutionnaire marxiste, mais les autorités paraguayennes la classent comme un groupe criminel, en raison des enlèvements, des extorsions et des attaques armées qu’elle mène.
Les autorités décrivent l’EPP comme affaiblie, et Riera a indiqué que sa zone d’activité se déplaçait vers Canindeyú, le long de la frontière sèche avec le Brésil. Si l’hypothèse d’une opération conjointe se confirme, cette attaque montrerait que les militants restants étendent leur influence à travers des réseaux criminels.


