La Roumanie a abattu un drone au-dessus de la mer Noire le 26 juillet — troisième interception de ce type en trois jours —, marquant un changement net dans la manière dont ce pays membre de l’OTAN répond aux incursions liées aux attaques russes contre l’Ukraine voisine.
Un F-16 roumain a détruit le drone à environ 12 kilomètres au nord-est de Sulina, dans les eaux territoriales roumaines, selon le ministère de la Défense nationale. Le radar a détecté la cible à 9 h 29, heure locale, à environ 25 kilomètres au sud-est de Sulina. Elle est entrée dans l’espace aérien roumain à 10 h 08 et a été abattue cinq minutes plus tard.
Cette interception a clôturé une séquence inédite de trois jours consécutifs. Les forces roumaines avaient abattu un autre drone près de Sfântu Gheorghe, dans le delta du Danube, le 25 juillet, après en avoir détruit un premier près de Padina, dans le département de Buzău, le 24 juillet. Les autorités judiciaires ont identifié le premier comme un drone de type Shahed, tandis que les enquêtes concernant les deux autres se poursuivent.
La géographie ne laisse guère de distance entre la guerre menée par la Russie et le territoire de l’OTAN. De l’autre côté de la frontière danubienne roumaine se trouvent des ports ukrainiens tels qu’Izmaïl, Reni et Chilia, régulièrement visés par des drones et des missiles russes. Des débris d’attaques russes sont déjà tombés en territoire roumain par le passé, entraînant des décollages d’urgence de chasseurs, des alertes aériennes et des protestations diplomatiques.
Ce qui a changé cette semaine, c’est la volonté de la Roumanie de détruire les appareils intrus. Reuters a rapporté que la Roumanie avait enregistré 33 entrées non autorisées de drones russes depuis le début de la guerre, sans en avoir abattu aucun avant le 24 juillet.
Une loi roumaine adoptée en 2025 a conféré aux autorités des pouvoirs explicites pour détruire, neutraliser ou prendre le contrôle de drones non autorisés lorsqu’ils représentent une menace. Les trois interceptions montrent que Bucarest est désormais disposée à recourir à la force contre ce type d’incursions, y compris en temps de paix.
Le président Nicușor Dan a qualifié ces dernières violations d’« inadmissibles et intolérables », soulignant que l’espace aérien roumain est également celui de l’OTAN et de l’Union européenne. La ministre des Affaires étrangères Oana Țoiu a convoqué l’ambassadeur russe, tandis que l’OTAN a indiqué examiner l’incident du 26 juillet.
Aucune de ces interceptions n’établit que la Russie ait délibérément visé la Roumanie plutôt que des infrastructures ukrainiennes situées de l’autre côté de la frontière, et les enquêtes concernant deux des trois drones restent inachevées.
Mais le 24 juillet a marqué un seuil : la Roumanie a détruit pour la première fois un drone intrus. Deux interceptions supplémentaires au cours des deux jours suivants laissent penser que cette réponse n’a plus rien d’exceptionnel. La question désormais est de savoir si cette posture plus ferme de la Roumanie restera propre à sa frontière, ou si elle s’inscrira dans une approche plus large de l’OTAN face aux drones russes pénétrant l’espace aérien de l’Alliance.


