La Russie a trouvé le moyen de préserver son ancrage en Syrie après la chute de Bachar al-Assad, en associant une présence navale réduite à Tartous à un nouveau hub logistique commercial. Selon ce plan, l’un des deux postes à quai du port serait dédié au fret tandis que l’autre resterait ouvert à la marine russe, selon Reuters, qui cite des responsables syriens et des documents de projet.
Le hub, géré par la société syrienne de logistique Rus Line aux côtés de sociétés russes, ouvrirait une liaison régulière entre Novorossiysk et Tartous pour le transport de céréales, de bois, de charbon et d’acier — soit environ 250 000 tonnes par mois à partir de mi-juillet. Le projet avait été évoqué lors de la rencontre entre le président russe Vladimir Poutine et le président syrien Ahmed al-Sharaa à Moscou en janvier.
Damas n’est pas unanime sur le sujet. L’Autorité générale des ports terrestres et maritimes a qualifié les informations relatives à un hub russe d’« entièrement fausses », quand bien même d’autres responsables le soutiennent activement. La Syrie se trouve prise entre une concession de 800 millions de dollars accordée à DP World pour l’exploitation du port de Tartous — signée avec les Émirats arabes unis en 2025 — et sa dépendance au pétrole et au blé russes.
Le nouveau gouvernement syrien bénéficie d’un large soutien occidental, et pourtant l’homme qu’il a renversé vit sous la protection du Kremlin à Moscou. Par sa base navale, ses exportations et son hôte en exil, la Russie demeure un facteur dont ni Damas ni le Moyen-Orient au sens large ne peuvent faire abstraction.


