Le gouvernement américain a accordé à Lockheed Martin une modification de contrat sur sept ans, pouvant atteindre 53,86 milliards de dollars, pour des intercepteurs Patriot PAC-3 MSE, portant le montant total du programme pluriannuel à 58,62 milliards de dollars, après un premier contrat de 4,7 milliards de dollars accordé en avril.
Cet investissement achète du temps, pas des missiles. Lockheed a livré 620 intercepteurs PAC-3 MSE en 2025, et prévoit de porter sa capacité de production annuelle d’environ 600 à 2 000 unités d’ici la fin de 2030. À Camden, dans l’Arkansas, où s’effectue l’assemblage final des intercepteurs, l’entreprise prévoit de porter ses effectifs d’environ 1 200 à 1 850 employés.
La demande se dispute déjà cette production. Les États-Unis doivent reconstituer leurs propres stocks tout en poursuivant leurs livraisons à l’Ukraine et en répondant aux commandes de leurs alliés. La Marine ajoute une nouvelle exigence, demandant 405 intercepteurs PAC-3 MSE pour l’exercice budgétaire 2027, dans le cadre de l’intégration de ce missile aux navires équipés du système Aegis.
Une évaluation du CSIS publiée en juillet estime que les stocks américains d’intercepteurs Patriot sont tombés en dessous de 1 000 unités, après un usage intensif au Moyen-Orient. Une précédente analyse du CSIS avait établi que la reconstitution des stocks de Patriot à leur niveau d’avant-guerre prendrait au moins trois ans, les 3 203 intercepteurs demandés dans le budget de l’armée de terre pour l’exercice 2027 ne devant pas commencer à être livrés avant mai 2029.
Lockheed investit entre 8 et 9 milliards de dollars d’ici 2030, répartis sur plus de 20 sites américains, dans le cadre de l’expansion de sa production de munitions. Ce contrat offre à l’industrie la demande à long terme nécessaire pour monter en puissance. Il ne comble pas pour autant l’écart, mesuré en années, entre la demande actuelle d’intercepteurs et les capacités de production de demain.


