Israël et la Turquie entrent dans une nouvelle confrontation au sujet de la Syrie, après que des frappes aériennes israéliennes ont touché la base aérienne militaire d’Abou al-Douhour, à Idlib, dans la nuit du 17 au 18 août, quelques heures après qu’une délégation militaire turque avait inspecté cette base pour évaluer des travaux de réparation de piste, selon ACLED. L’armée de l’air israélienne a frappé à huit reprises la piste et des infrastructures, sans qu’aucune victime ne soit signalée. Le ministère syrien des Affaires étrangères a qualifié ces frappes de violation de sa souveraineté, tandis que le responsable des recherches sur le Moyen-Orient d’ACLED, Muaz Al Abdullah, a estimé que l’opération visait probablement à « empêcher la Turquie d’utiliser cette base aérienne pour ancrer son influence ».
Le Premier ministre Benyamin Netanyahou a ensuite déclaré qu’Israël avait déjà mis en garde la Turquie contre toute activité militaire en Syrie : « Le message avait été transmis, mais apparemment ils ne l’avaient pas entendu, alors nous nous sommes assurés qu’ils le comprennent plus clairement », a-t-il déclaré, selon le Times of Israel. Ses services ont par ailleurs indiqué que la Syrie était sur le point de rompre un statu quo sécuritaire convenu, en autorisant le déploiement de troupes turques sur cette base, selon le Long War Journal de la FDD. Reuters a rapporté, citant des sources proches du dossier, que le directeur du Mossad, Roman Gofman, s’était entretenu quelques jours avant la frappe avec le ministre syrien des Affaires étrangères, Asaad al-Shaibani, pour lui faire part des préoccupations israéliennes concernant l’activité militaire turque.
Ce différend survient après la signature, le 7 août, de l’Accord de défense conjointe de La Mecque entre la Turquie, l’Arabie saoudite et le Pakistan, aux termes duquel une attaque armée contre l’un des signataires serait considérée comme une attaque contre les trois. Ce n’est pas la première fois qu’Israël cible une base syrienne liée aux ambitions turques : il avait déjà frappé la base aérienne de T4, dans la province de Homs, en avril 2025, alors que circulaient des informations sur un intérêt turc pour l’établissement d’une présence sur ce site, selon ACLED. Ce schéma illustre l’approche israélienne dans la Syrie de l’après-Assad : frapper pour empêcher des infrastructures rivales de devenir opérationnelles, plutôt que d’affronter un déploiement déjà achevé.


