Les frappes russes contre les ports ukrainiens de la mer Noire ont touché à plusieurs reprises des navires marchands civils battant pavillon étranger au cours de la semaine écoulée, faisant au moins sept morts et huit blessés dans une série d’attaques qui accroît les risques pour le transport commercial desservant l’Ukraine.
Dans la matinée du 17 juillet, les forces russes ont utilisé des drones d’attaque contre les infrastructures portuaires de Mykolaïv, endommageant trois navires civils battant pavillon étranger et tuant deux citoyens ukrainiens à bord de l’un d’eux, selon le parquet régional de Mykolaïv, qui a ouvert une enquête pour crime de guerre concernant ces décès.
Une frappe distincte, ce même jour, a tué une autre personne à Odesa, le plus grand port maritime d’Ukraine. Plus tard dans la soirée, un missile a touché des infrastructures portuaires ailleurs dans la région d’Odesa, endommageant un navire battant pavillon des îles Marshall et blessant quatre membres de son équipage de 17 personnes, selon Reuters, citant des responsables régionaux. Le ministère russe de la Défense a indiqué avoir frappé des installations portuaires à Odesa et à Tchornomorsk, décrivant les cibles comme des soutiens à la logistique militaire ukrainienne. Le ministère ne s’est pas prononcé sur les informations ukrainiennes faisant état de dommages causés à des navires marchands civils lors de ces attaques.
Dans la nuit du 17 au 18 juillet, l’armée de l’air ukrainienne a signalé le tir de missiles air-sol guidés depuis la mer Noire en direction de Pivdenne, dans la région d’Odesa. Au moment de la publication, les autorités ukrainiennes n’avaient fait état d’aucune victime ni d’aucun dommage confirmés. Le ministère russe de la Défense a, de son côté, affirmé avoir frappé des infrastructures portuaires et des navires marchands à Odesa transportant, selon lui, une cargaison militaire. Cette affirmation, relayée par les médias d’État russes, n’avait pas été confirmée de manière indépendante par les autorités ukrainiennes ni par des organes de presse internationaux.
L’attaque du 17 juillet n’était pas la première visant un navire battant pavillon des îles Marshall ce mois-ci. Le 14 juillet, un drone russe avait frappé un autre navire de ce pavillon amarré dans la région d’Odesa, endommageant sa superstructure et tuant deux personnes, selon le chef de l’administration militaire régionale d’Odesa, Oleh Kiper. Le même jour, des frappes russes distinctes avaient touché des navires marchands battant pavillon tanzanien et libérien, tuant le capitaine du navire tanzanien et blessant trois membres d’équipage.
Ces attaques faisaient suite à une frappe, le 13 juillet, contre un cargo battant pavillon togolais dans la région d’Odesa, qui avait tué trois membres d’équipage et en avait blessé cinq alors que le navire déchargeait de l’engrais minéral. Kiper a accusé la Russie de cibler délibérément le transport maritime civil en violation du droit international humanitaire — une accusation à laquelle Moscou n’a pas répondu directement, tout en maintenant que ses frappes visent des infrastructures portuaires liées à l’armée.
Ces attaques illustrent la manière dont la Russie peut perturber le commerce maritime ukrainien sans imposer de blocus naval formel. Les frappes répétées contre les ports et les navires marchands étrangers font grimper les coûts d’assurance, accroissent le risque commercial et menacent les exportations céréalières, même lorsque les routes maritimes demeurent techniquement ouvertes.


