Le ministère algérien de la Défense nationale a confirmé dimanche avoir dépêché au Niger quatre chasseurs Su-30MKA, un avion de transport Il-76 et un avion-ravitailleur Il-78, au lendemain de la répression par les forces nigériennes d’une tentative de mutinerie à Niamey, selon TSA-Algérie, qui citait le communiqué officiel du ministère. Le chef d’état-major de l’armée, le général Said Chanegriha, a ordonné ce déploiement sur instruction du président Abdelmadjid Tebboune, a précisé le ministère, le décrivant comme une réponse à la demande de Niamey à la suite des « événements regrettables » survenus dans la capitale. Les appareils ont atterri dimanche matin à l’aéroport international Diori-Hamani, où le Premier ministre nigérien, Mohamed Lamine Zeine, a accueilli la délégation et remercié Tebboune, selon Afrik Soir, qui y a vu le premier déploiement extérieur connu de la plateforme Su-30 par l’Algérie.
Cette mission fait suite à une mutinerie survenue le 29 août, lorsque des soldats se sont emparés de l’installation militaire de la Base 101, à l’intérieur de l’aéroport de Niamey, et ont progressé vers le palais présidentiel avant d’être repoussés. L’Africa Corps russe a joué un rôle de combat direct dans la répression du soulèvement, apportant un soutien terrestre et aérien à la demande du chef de la junte, le général Abdourahamane Tiani, selon France 24, qui citait l’ambassadeur de Russie au Niger, Viktor Voropaïev. Des analystes cités par Al Jazeera ont relevé que l’Africa Corps, initialement déployé pour combattre des groupes djihadistes, a plutôt servi à protéger la junte elle-même.
Lu à la lumière de ce contexte, le déploiement algérien ressemble moins à un geste de soutien de routine qu’à une initiative affirmée d’Alger visant à contrebalancer le rôle sécuritaire croissant de Moscou dans un pays situé à sa frontière méridionale. L’Algérie a historiquement évité tout engagement militaire direct dans les crises du Sahel, privilégiant la médiation aux déploiements expéditionnaires ; l’envoi de chasseurs polyvalents et d’un avion-ravitailleur à plus de 1 000 kilomètres à l’intérieur du Niger marque une rupture avec cette posture, illustrant comment la dépendance croissante de la junte nigérienne envers les forces russes pousse Alger vers une présence propre plus visible.


