Le Maroc a signé le 15 juillet à Rabat un accord pour rejoindre la Force internationale de stabilisation (FIS) prévue pour Gaza — un cadre sécuritaire d’après-guerre qui prend forme tandis que la paix qu’il est censé soutenir demeure précaire.
La cérémonie de signature a réuni le ministre des Affaires étrangères Nasser Bourita, de hauts responsables de la défense, l’envoyé du Conseil de paix pour Gaza Nickolay Mladenov et le commandant de la force, ont rapporté les médias d’État marocains, selon Reuters.
Rabat prévoit de contribuer des officiers supérieurs, du personnel de police et de gendarmerie ainsi qu’un hôpital de campagne militaire, rejoignant l’Indonésie, le Kazakhstan, le Kosovo et l’Albanie parmi les cinq nations engagées dans cette force soutenue par les États-Unis. Aucune n’avait encore déployé de contingent au 15 juillet. Des responsables au fait de la planification du Conseil de paix ont confié au Times of Israel que le Maroc est prévu pour déployer en premier, afin de sécuriser une zone pilote humanitaire projetée dans le sud de Gaza.
Le Conseil de sécurité de l’ONU a autorisé la FIS en novembre 2025 pour protéger les civils, soutenir la démilitarisation et accompagner un retrait progressif des forces israéliennes. Nombre de ces conditions demeurent non satisfaites : les pourparlers du Caire sur la deuxième phase du cessez-le-feu — le désarmement du Hamas, le retrait des troupes israéliennes, la mise en place d’une administration technocratique palestinienne — ont abouti à peu de progrès, selon Reuters.
La trêve a mis fin aux combats à grande échelle, mais non aux tués. Des frappes israéliennes le 15 juillet ont tué quatre Palestiniens, dont une fillette de six ans, ont indiqué des responsables de la santé ; l’armée israélienne a déclaré avoir ciblé un militant du Hamas. Plus de 1 100 Palestiniens — dont la majorité étaient des civils selon les autorités sanitaires de Gaza — et quatre soldats israéliens ont trouvé la mort depuis octobre 2025.
Gaza se dote ainsi des institutions d’une paix qui n’existe pas encore — une architecture sécuritaire qui s’assemble plus vite que le compromis politique qu’elle est censée protéger.


