Le Pentagone prépare au moins quatre options pour réorganiser la présence militaire américaine en Europe, les propositions devant être remises au secrétaire à la Défense Pete Hegseth d’ici le 6 novembre, alors que les gouvernements de l’Otan se préparent à d’éventuelles réductions d’effectifs. Cet examen pourrait remodeler une force d’environ 80 000 militaires américains stationnés en Europe, tandis que Washington pousse ses alliés européens à assumer une plus grande part de responsabilité pour leur propre défense. Il est suivi de près sur le flanc oriental de l’Otan, où les forces américaines demeurent un élément important de la dissuasion face à la Russie.
Un document interne du Pentagone définissant le mandat de cet examen, consulté par Reuters, montre que de hauts responsables élaboreront un éventail de configurations de forces possibles avant la conclusion formelle de cet examen de six mois, en décembre. Un haut responsable américain a indiqué à Reuters que certaines options impliqueraient clairement des effectifs réduits, tout en précisant qu’aucune décision n’avait été prise quant à l’opportunité ni à l’ampleur d’une éventuelle réduction de la présence américaine.
Cet examen dépasse le différend de longue date au sein de l’Otan sur les dépenses de défense. Les alliés sont évalués sur leurs contributions aux forces de l’Otan ainsi que sur les droits d’accès, de stationnement et de survol accordés aux opérations américaines, en plus des infrastructures spatiales, cyber et de renseignement soutenant la projection de puissance américaine. Le questionnaire interroge également les alliés sur les restrictions imposées à l’accès américain et sur leur volonté éventuelle de les lever, ainsi que sur les obstacles réglementaires à la coopération industrielle transatlantique en matière de défense. Les réponses sont attendues pour le 28 août.
Ces critères font suite aux critiques formulées par Hegseth à l’encontre des gouvernements de l’Otan pendant la guerre avec l’Iran, lorsqu’il avait accusé certains alliés de « profiter du système sans contribuer » et critiqué les gouvernements ayant restreint l’accès américain à des bases ou à l’espace aérien pour des opérations liées au conflit. Pris ensemble, ces critères suggèrent que Washington envisage son dispositif de forces en Europe dans le cadre d’un effort plus large visant à transférer davantage de responsabilités en matière de défense conventionnelle vers l’Europe, tout en préservant sa capacité à répondre à ses priorités mondiales.
Certains responsables européens craignent que Washington ne privilégie déjà des réductions, bien que le Pentagone affirme examiner sincèrement un éventail d’options. De hauts responsables du Pentagone et le Commandement européen des États-Unis devraient tenir des discussions clés d’ici le 18 septembre, avant que les options ne parviennent à Hegseth en novembre.
Les conséquences dépendraient largement des forces qui seraient réduites. Des coupes touchant le renseignement, le transport stratégique, la défense aérienne ou d’autres capacités américaines de haut niveau pourraient avoir des répercussions plus lourdes pour le flanc oriental de l’Otan que des réductions équivalentes de personnel administratif ou de soutien.
Aucune décision de retrait n’a été annoncée. Mais cet examen contraint les gouvernements de l’Otan à affronter une question plus large : celle de savoir si la présence militaire américaine en Europe dépendra de plus en plus de ce que Washington estime que chaque allié apporte aux priorités de sécurité américaines, en Europe comme au-delà.


