Le chef de l’armée soudanaise Abdel Fattah al-Bourhane, à la tête des Forces armées soudanaises (FAS), a douché les espoirs suscités par un plan de paix conduit par les États-Unis, en promettant, le 24 juillet à Khartoum-Nord, d’éliminer les Forces de soutien rapide (FSR) et en déclarant qu’il n’y aurait « plus de place » pour ce groupe « à compter d’aujourd’hui », selon Sudan Tribune.
Les propos d’al-Bourhane ne constituent pas formellement un rejet du plan. Mais associés à l’exigence, formulée par le gouvernement dirigé par les FAS, d’un retrait complet des FSR des villes occupées, ils reviennent à un refus conditionnel de fait.
La proposition américaine, consultée par Reuters, prévoit une trêve de 90 jours, des pourparlers en vue d’un cessez-le-feu permanent, ainsi qu’une transition dirigée par des civils, sans conditions préalables. Le gouvernement soudanais en a accepté l’essentiel, tout en exigeant un retrait total des FSR ; les FSR ont accepté la trêve mais rejeté cette clause, poursuivant leurs opérations au Kordofan.
L’Arabie saoudite, partenaire américain dans la médiation, est alignée sur les FAS, selon des documents du ministère britannique de l’Intérieur citant l’ACLED. Cet alignement ne s’est toutefois pas traduit par un réel levier d’influence : plusieurs initiatives saoudiennes et américaines, dont de multiples cycles de pourparlers à Djeddah depuis 2023, ont échoué à établir un cessez-le-feu durable.
Un facteur pourrait résider dans le rapprochement parallèle du Soudan avec la Russie, qui est passée en 2025 du soutien aux FSR à celui des FAS, en échange d’armements et d’un projet de base navale en mer Rouge près de Port-Soudan — un accord que Khartoum affirme toujours en discussion, malgré des objections saoudiennes rapportées.


