Les rebelles houthis du Yémen ont déclaré lundi un blocus maritime immédiat contre l’Arabie saoudite, mettant en péril les exportations pétrolières du royaume via la mer Rouge, selon Bloomberg.
Le porte-parole militaire des Houthis, Yahya Saree, a présenté cette mesure comme une riposte à ce que le groupe qualifie de siège saoudien mené depuis dix ans contre les ports yéménites, les aéroports et la capitale, Sanaa, la décrivant comme un principe « œil pour œil » et avertissant que toute réponse saoudienne serait accueillie par une escalade générale, selon The Jerusalem Post.
Cette annonce intervient après l’effondrement, ce mois-ci, d’une trêve tenue depuis 2022 : l’Arabie saoudite a frappé le 13 juillet l’aéroport international de Sanaa afin d’empêcher le décollage d’un vol transportant une délégation houthie de retour des funérailles du guide suprême iranien Ali Khamenei, et les Houthis ont répliqué par des tirs de missiles contre l’aéroport d’Abha, dans le sud de l’Arabie saoudite, selon ABC News.
Les Houthis n’ont pas précisé comment ce blocus serait mis en œuvre. Des sources proches du groupe ont toutefois indiqué à Reuters, le 16 juillet, que des drones et des missiles étaient déjà positionnés à proximité du détroit de Bab al-Mandeb, le point de passage situé à l’embouchure sud de la mer Rouge. Ce positionnement découle d’une directive iranienne distincte, révélée quatre jours plus tôt et liée à un tout autre déclencheur : des instructions visant à fermer le détroit si les États-Unis venaient à frapper le réseau électrique iranien, selon la FDD.
Ce calendrier aggrave une vulnérabilité déjà existante dans la logistique énergétique saoudienne. Le détroit d’Ormuz étant fermé depuis le blocus imposé par l’Iran sur cette voie maritime en mars, Riyad achemine son brut par son oléoduc Est-Ouest, long de 1 200 kilomètres et connu sous le nom de Petroline, qui transporte le pétrole par voie terrestre jusqu’au port de Yanbu, en mer Rouge, selon Al Jazeera. Un blocus houthi à l’extrémité de cet itinéraire, du côté de Yanbu, placerait les exportations saoudiennes sous pression aux deux points de passage stratégiques du royaume, et non plus à un seul.
Lundi, l’Arabie saoudite n’avait encore publié aucune réponse officielle, et des analystes préviennent qu’une confrontation prolongée pourrait déstabiliser davantage la région et accroître les risques pour les navires commerciaux transitant par la mer Rouge, selon Sunday Guardian Live.


