Oman a élaboré un plan visant à diviser le trafic maritime à travers le détroit d’Ormuz en deux corridors, dans une tentative de sortir de l’impasse autour de l’un des points d’étranglement maritimes les plus importants au monde. Selon cette proposition, rapportée par CNN, les navires empruntant une route sud dans les eaux omanaises navigueraient librement selon les règles d’avant-guerre, tandis que ceux utilisant une route nord dans les eaux iraniennes devraient obtenir l’approbation de Téhéran, sans toutefois acquitter de droits de passage.
Le plan pourrait favoriser l’Occident davantage qu’il n’y paraît. Les principales voies de navigation du détroit passant en grande partie dans les eaux omanaises, Mascate peut ouvrir la route sud de sa propre autorité. Canaliser les flottes commerciales par cette voie offre aux armateurs un couloir protégé par le droit international — et un moyen de contourner les droits de transit de 1 à 2 millions de dollars par navire que la nouvelle Autorité iranienne du détroit du golfe Persique cherche à imposer, sans qu’il soit nécessaire d’en venir à un affrontement naval direct.
Le ministre iranien des Affaires étrangères, Abbas Araghchi, a soumis le plan à Mascate samedi, avant de rentrer à Téhéran sans l’avoir fait approuver. Son déplacement est intervenu alors que le mémorandum d’Islamabad — le cadre de cessez-le-feu de juin entre Washington et Téhéran — s’effondrait sous le poids de nouvelles sanctions américaines et de frappes contre quelque 140 cibles militaires iraniennes. L’Iran a de nouveau déclaré le détroit fermé. Washington affirme que le trafic se poursuit.
Le paradoxe est celui de Téhéran. L’Iran a besoin du canal omanais pour éviter que son économie ne soit asphyxiée par la pression navale ; mais en insistant sur une « approbation préalable » dans le corridor nord, il cherche à obtenir la reconnaissance formelle de son rôle de gardien d’Ormuz — alors même que sa position militaire et diplomatique d’ensemble se détériore.


