La Russie a averti la Grande-Bretagne de « conséquences » non précisées après que le Sunday Times a révélé, le 15 août, que l’Ukraine avait utilisé pour la première fois des drones de fabrication britannique pour frapper des cibles à l’intérieur du territoire russe. Le journal, citant des sources militaires ukrainiennes, a indiqué que des drones, dont le système Nyan de BAE Systems, avaient touché des raffineries de pétrole près de Moscou, de Iaroslavl et de Volgograd sur une période de six mois. L’Ukraine continue de s’appuyer principalement sur ses propres drones pour ses frappes en profondeur, mais l’usage de systèmes britanniques marque la première utilisation publiquement rapportée de drones fabriqués au Royaume-Uni contre des cibles situées en territoire russe.
Le ministre russe des Affaires étrangères, Sergueï Lavrov, cité par l’agence de presse d’État russe TASS, a déclaré que Moscou était fondé à considérer l’implication publiquement revendiquée des forces de missiles britanniques dans des frappes contre la Russie comme une participation directe à la guerre, « avec toutes les conséquences qui en découlent ». Lavrov n’a pas précisé de système de missiles particulier, et ses propos ont fait suite à une mise en garde distincte de l’ambassade de Russie à Londres, selon laquelle un engagement britannique plus poussé signifierait que « le prix à payer serait d’autant plus élevé ». Ces deux déclarations laissent en suspens la question de savoir si Moscou considère la fourniture de drones et l’implication de forces de missiles comme relevant du même seuil.
L’avertissement de mardi ne constitue pas un cas isolé. L’ancien président russe Dmitri Medvedev avait menacé, le 24 février, d’employer des armes nucléaires tactiques contre la Grande-Bretagne et la France si l’un ou l’autre pays fournissait à l’Ukraine une technologie nucléaire, une accusation que le ministère ukrainien des Affaires étrangères avait qualifiée d’infondée, selon le Kyiv Independent. Lavrov avait par ailleurs déclaré, dans un entretien accordé en décembre à TASS et rapporté par The Hill, que l’Europe et l’Union européenne étaient devenues les « principaux obstacles à la paix », accusant les gouvernements européens de se préparer à combattre la Russie sur le champ de bataille. Moscou présente de plus en plus les gouvernements européens pris individuellement comme des participants directs à la guerre plutôt que comme des intermédiaires, un cadrage que prolongent aussi bien l’avertissement adressé cette semaine à la Grande-Bretagne qu’une protestation diplomatique distincte adressée au Japon au sujet des îles Kouriles.
Le Premier ministre Andy Burnham a rejeté cette pression le 18 août, déclarant à des journalistes à Wolverhampton que la Grande-Bretagne continuerait de « soutenir l’Ukraine à 100 % face à cette guerre illégale ». Il a affirmé que la Grande-Bretagne fournissait à l’Ukraine le soutien dont elle avait besoin pour se défendre, et que cette position avait été maintenue par les Premiers ministres successifs. Un porte-parole du ministère britannique de la Défense (MoD) a par ailleurs déclaré que la Grande-Bretagne restait « épaule contre épaule » avec l’Ukraine, et que Moscou ne devait avoir aucun doute quant à la détermination du gouvernement.


