Le Japon et l’Australie ont convenu d’accélérer les discussions autour d’un nouvel accord d’une durée de dix ans donnant au Japon accès aux champs de tir australiens pour ses missiles hypersoniques et autres armes à longue portée, ont annoncé les ministres de la Défense des deux pays à Canberra le 18 août. Le ministre japonais de la Défense, Shinjiro Koizumi, a qualifié cette perspective d’« avancée majeure », soulignant qu’elle ferait de l’Australie seulement le deuxième pays, après les États-Unis, à accueillir de tels essais pour l’armée japonaise. Les deux ministres ont également fait état de progrès sur le projet Boobook, un système laser conjoint à haute énergie conçu pour détecter les menaces entrantes, qualifiant les récents essais sur le terrain d’« étape importante », selon le Japan Times.
Cet accord sur les champs de tir fait suite au premier essai en conditions réelles par le Japon d’un missile de croisière Tomahawk, tiré depuis le destroyer JS Chokai dans l’océan Pacifique le 29 juillet avec l’appui de la marine américaine. Ce tir a fait du Japon seulement le quatrième pays, après les États-Unis, à tirer un Tomahawk depuis un navire de surface. Par ailleurs, le 31 juillet, le Japon a créé le Bureau national du renseignement, qui remplace le Bureau de renseignement et de recherche du Cabinet comme coordinateur central du renseignement, dans le cadre de la refonte de la sécurité menée par la Première ministre Sanae Takaichi.
L’Australie offre au Japon une profondeur stratégique pour tester des armes difficiles à tirer depuis le territoire japonais, en raison de la densité de sa population et de la rigueur de son contrôle de l’espace aérien. Ensemble, l’accord sur les champs de tir, l’essai du Tomahawk et la création du nouveau bureau du renseignement dessinent des axes parallèles dans le réarmement de Tokyo sous Takaichi. Cette montée en puissance se poursuit alors que la capacité de gestion de crise de Washington est de plus en plus absorbée par l’Iran et la sécurité maritime au Moyen-Orient.


