Le directeur de la CIA, John Ratcliffe, a effectué le 25 août une visite non annoncée à Moscou pour des entretiens avec des responsables russes, a rapporté CNN, un déplacement qui marque son premier voyage connu en Russie depuis sa prise de fonction et le premier d’un directeur de la CIA en exercice depuis le voyage d’avertissement effectué par William Burns en 2021, avant l’invasion à grande échelle. Ratcliffe s’est envolé de Washington à Riga, en Lettonie, puis jusqu’à Moscou à bord d’un C-17 de l’US Air Force, a rapporté Axios. Aucun des deux gouvernements n’a confirmé l’objet de la visite ni l’identité des responsables rencontrés par Ratcliffe.
Avant ce déplacement, CNN a rapporté que Washington avait demandé à l’Ukraine de suspendre ses frappes de drones et de missiles contre Moscou, Saint-Pétersbourg et le nord de la Russie pendant une fenêtre de trois jours, du 24 au 26 août, afin que le vol transportant son chef du renseignement n’arrive pas en pleine attaque. Kiev a accepté. Aucun ordre du jour de la visite n’a été divulgué, ce qui laisse place à des explications concurrentes : un avertissement lié à des renseignements sur une éventuelle mobilisation russe, une tentative de relancer un canal de paix ukrainien à l’arrêt, ou des discussions liées aux relations de la Russie avec l’Iran.
Ce secret est en soi notable. En l’absence actuelle d’ambassadeur américain à Moscou, les canaux du renseignement restent l’une des rares lignes directes entre les deux gouvernements. La dernière visite comparable – le voyage de Burns en 2021 – était survenue en guise d’avertissement peu avant l’invasion russe à grande échelle, un parallèle qui alimente les spéculations, tant à Moscou qu’à Washington, sur ce que ce nouveau déplacement pourrait signaler.


