Le Bangladesh se rapproche de négociations formelles avec la Chine en vue d’un possible achat de chasseurs J-10CE et d’hélicoptères d’attaque, un contrat qui constituerait l’une des plus importantes acquisitions de défense de Dacca depuis des années. Zahed Ur Rahman, conseiller du premier ministre pour l’information et la radiodiffusion, a indiqué qu’un groupe de travail gouvernemental prépare un projet d’accord portant sur les appareils et les hélicoptères, a rapporté Reuters, sans toutefois divulguer le nombre d’unités, le montant ou le calendrier de livraison. Selon la presse locale, le volet chasseurs pourrait porter sur 20 à 24 appareils, une proposition antérieure évoquant 20 J-10CE pour environ 2,2 milliards de dollars, formation et maintenance comprises.
L’attrait du J-10CE tient en partie à sa réputation : le Pakistan affirme que l’appareil a abattu des chasseurs indiens lors de leur bref affrontement de mai 2025, une revendication contestée par l’Inde mais dont Dacca a pris note. Il s’agit aussi d’une question de rareté. Le F-35 demeure soumis au contrôle politique de Washington et accuse un lourd retard de livraison, le programme européen de chasseur de nouvelle génération FCAS a été plongé dans la crise, tandis que le programme britannique GCAP n’est pas attendu avant le milieu des années 2030, et la capacité d’exportation de la Russie a été affaiblie par les sanctions et par ses propres besoins liés à la guerre.
Cet accord serait observé de très près à New Delhi. Le Pakistan exploite déjà le J-10CE, et une flotte bangladaise équipée de missiles de la classe PL-15 placerait des chasseurs d’origine chinoise, capables de combat au-delà de la portée visuelle, aussi bien sur le flanc oriental de l’Inde que sur son flanc occidental. Pour Dacca, l’arbitrage est simple : une modernisation plus rapide et moins coûteuse, en échange d’une dépendance accrue envers Pékin, déjà son premier fournisseur d’armements.


