L’Union européenne et le Royaume-Uni ont sanctionné le 13 juillet des officiers du renseignement russe, des hackers et des sociétés privées dans le cadre d’une campagne de cyberespionnage que Bruxelles dit cibler les gouvernements européens et les infrastructures critiques depuis 2010. L’UE a imposé des gels d’avoirs et des interdictions de voyage à neuf individus et quatre entités, tandis que la Grande-Bretagne a sanctionné 24 personnes et organisations dans ce que les responsables ont décrit comme le premier ensemble de mesures coordonné UE-Royaume-Uni visant les opérations cybernétiques russes.
Les deux gouvernements ont identifié le 16e Centre du FSB — la direction du renseignement d’origine électromagnétique russe — comme le pivot de la campagne, plutôt qu’un réseau informel de hackers opérant comme mandataires. Selon des responsables européens, cette unité a été associée à des cyberattaques contre des institutions gouvernementales et des infrastructures critiques à travers l’Europe. Le ministre français des Affaires étrangères, Jean-Noël Barrot, a indiqué qu’elle était également responsable de la cyberattaque de décembre 2025 contre le réseau électrique polonais — qui aurait pu priver d’électricité jusqu’à 500 000 personnes — ainsi que d’opérations visant les infrastructures ferroviaires. L’UE a précisé que la France, l’Allemagne, la Pologne, Chypre, les Pays-Bas, l’Autriche, la Slovaquie, la Roumanie et la Finlande avaient toutes été touchées.
Ces sanctions ont été annoncées en marge du sommet de Paris qui a lancé la Coalition antibalistique intégrée FREYJA réunissant dix nations, soulignant l’approche de plus en plus intégrée de l’Europe face aux menaces russes. Les gouvernements européens traitent désormais les cyberattaques, le sabotage et les attaques contre les infrastructures civiles comme les composantes d’un même défi stratégique posé par l’agression militaire russe, et non comme des questions de sécurité distinctes.
Le cadre juridique revêt également une importance particulière. En appliquant le régime de sanctions hybrides de l’UE aux opérations cybernétiques et de sabotage dirigées par le FSB, Bruxelles et Londres ont formellement attribué à l’État russe lui-même des activités longtemps conduites par l’intermédiaire d’agents aux responsabilités niables, réduisant ainsi la capacité de Moscou à présenter de telles attaques comme l’œuvre de groupes criminels ou hacktivistes indépendants.


