Les autorités douanières syriennes ont déclaré jeudi avoir intercepté une cargaison d’armes sophistiquées dissimulées dans un pétrolier au poste-frontière d’al-Tanf avec l’Irak, la qualifiant de l’une des plus importantes saisies d’armes depuis la chute du gouvernement de Bachar al-Assad.
Selon des responsables syriens, des inspecteurs ont découvert des missiles à longue portée, des armes antichar guidées et des drones cachés dans le pétrolier, qui se dirigeait apparemment vers la raffinerie de Baniyas sur la côte méditerranéenne syrienne. Les autorités ont indiqué que les investigations préliminaires suggèrent que la cargaison était destinée au Hezbollah au Liban voisin, sans toutefois identifier les contrebandiers ni divulguer l’origine des armes. Le Hezbollah n’avait pas commenté publiquement au moment de la publication.
L’interception est intervenue moins de deux semaines après que des responsables de la sécurité frontalière syriens et irakiens s’étaient réunis le 6 juillet pour renforcer la coopération contre les réseaux de contrebande transfrontaliers. Elle a également suivi la rencontre du président Ahmed al-Sharaa avec le président américain Donald Trump lors du sommet de l’OTAN à Ankara, lors de laquelle Trump avait de nouveau exhorté Damas à prendre des mesures plus fermes contre le Hezbollah. Sharaa a pour sa part mis l’accent sur le renforcement des contrôles frontaliers et la neutralisation des réseaux financiers et logistiques illicites, plutôt que sur une confrontation militaire directe avec le groupe armé libanais.
Sous Bachar al-Assad, la Syrie servait de principal corridor terrestre reliant l’Iran au Hezbollah via l’Irak et jusqu’au Liban. Depuis le départ d’Assad, les nouvelles autorités syriennes ont régulièrement mis en avant des saisies d’armes et des opérations anti-contrebande comme preuves qu’elles démantelent ces routes d’approvisionnement de longue date, tout en cherchant à rétablir le contrôle de l’État sur les frontières du pays.
Si elle est confirmée, cette dernière saisie représenterait un nouveau revers pour les efforts de reconstruction du réseau logistique du Hezbollah, après que l’effondrement du gouvernement Assad a coupé l’un des corridors d’approvisionnement régionaux les plus importants du groupe.


