Gazprom a conclu un accord avec le ministère de la Défense pour créer des groupes mobiles de tir chargés de protéger les infrastructures gazières, notamment contre les frappes de drones, selon des documents internes de la société rapportés par Echo et cités par The Moscow Times le 5 juillet. Ni Gazprom ni le ministère de la Défense n’ont confirmé officiellement cet arrangement.
Selon le plan rapporté, des volontaires rejoindraient la réserve de mobilisation russe plutôt que le service militaire actif, combinant emploi civil et entraînements périodiques. Les candidats devraient passer un bilan médical, un contrôle de sécurité et deux mois de préparation avant leur déploiement. Leur mission principale consisterait à patrouiller et à garder les installations d’approvisionnement en gaz, avec une possible affectation à d’autres infrastructures critiques dans la région où chaque contrat serait signé.
Ce rapport s’inscrit dans un schéma plus large de protection décentralisée des sites industriels et énergétiques russes, consécutif à des frappes répétées de drones ukrainiens en profondeur sur le territoire russe. Reuters a rapporté en mai que des dirigeants d’entreprises russes avaient demandé au président Vladimir Poutine l’autorisation d’acquérir des armes plus lourdes et des systèmes électroniques de défense contre les drones, et que Poutine avait précédemment autorisé des sociétés de sécurité privées à porter des armes à feu sur les sites énergétiques critiques.
Des installations liées à Gazprom ont déjà été frappées cette année. The Moscow Times a rapporté des attaques contre des stations de compression desservant les routes d’exportation TurkStream et Blue Stream, l’usine de traitement de gaz d’Astrakhan, ainsi que des sites dans la région d’Orenbourg.
Le dispositif rapporté placerait des réservistes sous des contrats de réserve militaire liés aux infrastructures de l’entreprise, réduisant la frontière entre travail industriel civil et obligations sécuritaires en temps de guerre. Il révèle également des lacunes dans la couverture de défense aérienne centralisée de la Russie pour ses actifs énergétiques dispersés — des lacunes que le Kremlin demande de plus en plus aux entreprises privées et aux sociétés d’État de contribuer à combler.


